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À la nage!

À la nage!








De jour en jour et de plus en plus le pays s’enlise sous le regard impuissant ou complice de nos élites. Le pouvoir établi depuis le 7 février 2017, loin de se montrer à la hauteur des responsabilités qui sont siennes, a conduit le pays dans un rythme accéléré au bord du précipice par la mauvaise gouvernance caractérisée avec des conséquences néfastes sur la survie même de la popula¬tion.

L’insécurité tuatoire, l’inflation galopante, la dépréciation accélérée de la mon¬naie locale, l’insécurité alimentaire sont des éléments symptomatiques d’un État failli, incapable d’assumer ses missions régaliennes. Pourtant le pouvoir de Jovenel Moïse semble ne pas encore saisir la dimension de la crise qui secoue actuellement les entrailles de la nation ; et pour preuve, les mauvaises décisions continuent d’être prises. L’arrogance et l’orgueil ont la préséance sur la science, la logique et le bon sens.

La formation du dernier cabinet ministériel, entériné par l’arrêté présidentiel publié dans Le Moniteur du mercredi 22 mai 2019, no 81, peut bien con¬firmer que cette administration est en train de passer à côté de la plaque en fuyant le fond du problème. En effet, il est inadmissible que le pouvoir n’ait tiré aucune leçon de la période “ pays lock” qui a failli emporter Jovenel Moïse. Au cours de cette période, faut-il bien le rappeler, la République a été livrée à elle-même durant plus de dix jours sans qu’aucune autorité de l’État (Président, Premier ministre, ministres et autres) n’ait pipé mot, assistant im¬puissant le spectacle d’un pays qui sombrait dans le chaos.

Comme conséquence directe de cette période, l’ex-Premier ministre Jean Henry Céant a été le fusible qui a sauté en vue d’apaiser les tensions. Ce calme apparent ne doit pas être pris pour acquis. Les causes/revendications qui ont été à la base de ces bouleversements ne sont pas encore élucidées ou résol¬ues. La cherté de la vie, le dossier Petrocaribe, la corruption, etc., sont autant de dossiers qui doivent être bien abordés par le nouveau gouvernement au risque d’avoir des vacances estivales agitées par les mêmes tumultes de 2018 avec les événements des 6,7 et 8 juillet.

La conjoncture est encore délétère et l’Exécutif a fait preuve de son impru¬dence en reconduisant quasiment les mêmes åacteurs qui ont été appelés en “supermen” lors de la crise de 2018 qui n’ont pas pu délivrer la marchandise. Pourquoi donc reconduire huit des ministres du gouvernement de Céant, dont le Premier ministre nommé Jean Michel Lapin, censuré pour mauvais résultats par 94 députés? Pourquoi cette obstination à reconduire Jean Roudy Aly au ministère de la Justice alors qu’il est considéré comme un véritable irritant après le rocambolesque dossier des sept mercenaires libérés sans au¬cune forme de procès? Pourquoi reconduire un ministre de la Justice qui, durant sa gestion de l’appareil répressif de l’État, n’a pas pu juguler le phé¬nomène des gangs armés en croissance vertigineuse dans le pays jusqu’à lais¬ser l’impression au citoyen lambda que l’État a perdu le contrôle du territoire?

Entre provocation et mépris, Jovenel Moïse fait le jeu. Son jeu. Avec bien sûr le support de la Communauté internationale, en particulier des États-Unis d’Amérique. Profitant aussi de la faiblesse d’une opposition moribonde, min¬able et déchirée par les luttes de chapelle, incapable de proposer une alterna¬tive fiable et viable. Dans ce jeu de poker menteur, l’avenir du peuple semble ne se dessiner ni du côté du pouvoir ni du côté de l’opposition. Car, chacun se bat pour son clan. Et la jeunesse, véritable force motrice du pays, se cherche et se projette ailleurs.

Ce constat d’échec est patent à tous les échelons de la société. Les élites poli¬tique, économique, religieuse, intellectuelle paraissent impuissantes. Les propositions et/ou projets salvateurs des belles âmes et esprits éclairés du pays tardent encore à se poindre à l’horizon.

Très loin des idées apocalyptiques, la survie même de la nation semble être menacée. Le pays est sans gouvernail. La nation est à la nage. Comme pour paraphraser le feu président René Préval, sauve qui peut (naje pou soti). Car, ici tous les coups sont permis.

Noclès Débréus



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