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Hébétude

Hébétude








L’hébétude peut être définie comme un état morbide marqué par une obnubilation des fonctions intellectuelles. Obnubilation dans le sens du ralentissement des fonctions psychiques accompagné d’engourdissement, d’une baisse de vigilance, d’un manque de lucidité. Théophile Gauthier parlait des « incertitudes à hébéter le plus fort cerveau. »

Notre société semble plongée actuellement comme dans une sorte de torpeur, d’abrutissement, peut-être due à la stupeur compréhensible devant l’avalanche des plaies qui nous tombent dessus, même si ces plaies étaient annoncées par des symptômes auxquels nous n’avons pas fait attention malgré les alarmes lancées plusieurs fois par des esprits éclairés. Au lieu de faire face consciemment à nos erreurs, de comprendre les conditionnements qui nous ont portés à faire des choix chaque fois néfastes, en période électorale par exemple, nous avons préféré déserté les lieux nécessaires de contestations, replis profitables seulement aux parasites et aux vautours si nombreux dans notre espace social.

Pour plusieurs observateurs, le moment serait mûr pour une explosion sociale. Jamais la situation économique n’a été aussi désastreuse. La barque gouvernementale n’existe que pour la forme et il n’y a pas de capitaine à la barque. Dans de telles conditions, on essaie au moins de juguler la hausse des produits de première nécessité, pour empêcher au moins aux petites bourses, la partie la plus fragile de la population, d’être frappées de plein fouet par la crise. Mais, même des velléités de réponse à la crise ne sont pas détectables. Les soi-disant politiques se taisent, empêtrés dans une histoire de ratification de Premier ministre et de formation d’un nouveau cabinet ministériel. Le mot « empêtré » peut ne pas être juste dans cette situation, car nous savons comment nos intelligences ténébreuses peuvent se nourrir de choses inimaginables. La situation qui perdure au Parlement établit un chaos intéressant pour certaines magouilles qu’on devine. Et puis, faire passer le temps est une technique chère à tous les gouvernements de cette période dite démocratique dont aucun - et c’est étrange - n’a réalisé les élections de mi-mandat. Au départ toujours pour profiter du vide même s’ils ont payé cette vaine tentative, happés par le monstre qu’ils ont eux-mêmes créé.

Stupeur. Hébétude. Certains parlent de zombification. La population est comme abasourdie par cette accélération de la dégradation socio-économique. Les églises font le plein et là les gestionnaires des temples n’ont pas à se plaindre des vaches maigres ce qui devrait leur faire craindre, cependant, un soudain retour de Jésus dont la seule colère qu’on connaisse avait mis à mal ceux qui faisaient commerce dans les temples. On se plaint partout de la situation, mais l’action à mettre en mouvement pour donner une autre direction à la barque nationale tarde. Il y a effectivement une sorte d’abrutissement, mais aussi une méfiance généralisée qui est un coup de frein permanent à toute tentative d’union pour une action patriotique. C’est vrai que nous avons toutes les preuves de la félonie ou de l’incompétence de nombreux politiciens sur le terrain. Le pouvoir a été pris d’assaut par une faune de médiocres. L’opposition n’a pas prouvé mieux. Il faudrait que d’autres citoyens acceptent de s’engager et affrontent ce gardien du temple des horreurs qui conseille de laisser la politique à ceux qui peuvent jongler avec la boue. Dans le monde entier, on réclame une autre manière de faire de la politique. Chez nous, c’est encore plus urgent.

Une gifle ! Du sel pour nous réveiller !

Gary Victor



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