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Amertumes

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Trop de batailles à mener, on ne sait par où commencer. Trop de consciences à éduquer, on risque de se fatiguer. Un pas en avant, deux pas en arrière ! Le chemin vers la démocratie et le bonheur parait plus sinueux qu’on ne le croyait. Les décideurs confus et les citoyens désorientés laissent le champ libre aux pires incuries. Le pays se perd.

Au milieu du noble combat pour l’aboutissement du procès Petrocaribe, on ne croyait pas pouvoir entendre un officiel évoquer, même en rêve, une éventuelle fermeture du Sénat de la République. L’importante levée de boucliers en faveur de la reddition des comptes qui a marqué la vie sociopolitique ces derniers temps faisait croire à l’approche d’un renouveau. Le rôle des institutions républicaines semblait être une leçon trop bien apprise pour qu’on ait à la faire répéter. La campagne d’éducation civique dont l’opportunité n’appelle plus aucun doute devrait peut-être s’adresser davantage aux dirigeants qu’aux dirigés.

On le disait souvent, mais les conjonctures ont rarement été aussi édifiantes. « Haïti est le pays des contrastes ». Les longues luttes menées pour le respect des droits de la personne seraient en train de se réduire à une peau de chagrin. Plus de trente ans après la grande marche du 3 avril 1986 pour l’émancipation des femmes, les forces saines de la nation se trouvent encore en train de se battre à expliquer que le viol est un acte contraire aux libertés individuelles. Les raisonnements futiles des uns et l’indifférence des autres, suite aux violences sexuelles perpétrées à La Saline et dans les coins obscurs de Turgeau montrent que le parcours vers une société d’équité a connu beaucoup trop de ratés. Il faut relancer la machine.

Même les commentateurs politiques qui font leur sieste du midi à la radio parviennent désormais à convaincre les naïfs que les lendemains ne sont pas surs. L’entêtement du président de la République à utiliser des matériaux de deuxième main tout en promettant un ouvrage innovant est un signe que le virage qui marquera le divorce d’avec la politicaillerie n’est pas proche. Pourtant, même avec le plus grand dévouement, des dirigeants dotés des plans parfaitement ficelés mettraient des décennies à rattraper les retards accumulés dans la marche d’Haïti vers le développement.

Plus rien ne marche. L’État a perdu toute son autorité au point de ne plus contrôler le territoire. La différence entre les officiels et les bandits peine à être établie. Les tueries, les parades des hors-la-loi, la famine, les coups bas et les gaspillages de fonds publics tissent le bilan des pouvoirs publics. Haïti se meurt aux yeux de tous. Mais, le silence tarde toujours à être rompu.

L’instabilité institutionnelle et l’absence des élites suffiraient à expliquer l’agonie de la nation haïtienne. La transition post 86 se heurte continuellement à des obstacles que le « système » n’est pas prêt a contourner avec succès. Car la socialisation politique des générations qui se suivent est assurée dans des contextes où les instincts de survie supplantent tout élan de civisme. C’est donc la marche programmée vers l’échec collectif.

Kendi Zidor



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