S'identifier Contact Avis
 
26.11° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video
L'heure du consensus minimal

L'heure du consensus minimal








Ce matin du jeudi 30 mai 2019, la République s'est réveillée avec l'image de la salle de séance du Sénat de la République saccagée. Comme dans un vide-grenier mal organisé, le mobilier de la plus importante des salles de séance du pays a été éparpillé en plein air, dans la cour du Sénat. Cette action porte la signature du groupe des quatre sénateurs de la minorité pour empêcher la tenue de la séance de ratification du Premier ministre nommé Jean Michel Lapin, boycottée déjà à deux reprises. Cette réaction du groupe des 4 sénateurs laisse le stade de la provocation. C'est un avertissement au pouvoir que le Parlement n'est pas totalement un territoire acquis et conquis.

Aussi paradoxale qu'elle puisse être, l'image de ce matin est à la fois cocasse et sordide. Elle est cocasse dès qu'elle traduit en partie la dimension de la crise politique qui prévaut actuellement. Le niveau de la déchéance des institutions républicaines. Elle met à nu la laideur des hommes placés aux plus hauts sommets de l'État.

Sordide, elle va certainement renforcer la perception de ceux qui assimilent déjà Haïti à une entité chaotique et ingouvernable. La communauté internationale, qui supporte le Pouvoir, s'en servira sûrement pour augmenter le niveau d'alerte interdisant au passage leurs ressortissants de voyager en Haïti. Et c'est le secteur touristique/économique, déjà moribond, qui en pâtira.

S'il est vrai que l'action du groupe des 4 sénateurs est répréhensible et très loin d'être un comportement digne des sages (honorables sénateurs), il faut malheureusement admettre que le comportement de l'Exécutif est aussi répréhensible en maintenant son infléchissement pour passer en force.

À l'état actuel de la conjoncture, l'amour de la patrie devrait exiger de tous les acteurs des sentiments nobles, élevés et moins vulgaires qui auraient pu être interprétés comme une prise de conscience salutaire pour le pays. Ce n'est plus le moment de bomber le torse en regardant la République s'effondrer. On est tous coupables. Les opposants d'aujourd'hui étaient au pouvoir hier. Ceux du pouvoir d'aujourd'hui étaient les opposants d'hier. Des deux côtés, il n'y a pas de bilan. L'échec est cuisant et le mal est infini.

Il faut donc un minimum de consensus entre les acteurs. Tout au moins, ils doivent s'accorder sur leurs désaccords en privilégiant les intérêts supérieurs de la nation. À ce carrefour de l'histoire, le président Jovenel Moise doit cesser d'être le chef d'un clan pour se hisser à la hauteur d'un chef d'État et assumer pleinement les responsabilités que lui confère la fonction.

En janvier 2020 le Parlement va être frappé de caducité lorsque le mandat des députés et deux tiers du Sénat arrivera à terme. Les collectivités territoriales seront dépourvues de représentants légitimes. La question des élections est donc cruciale en 2019. Mais, sans ce consensus entre les acteurs comment les élections vont- elles avoir lieu cette année ?

Les démarches tendant vers le dialogue initié précédemment, quoique suspectées de démagogiques, auraient pu, au moins, aboutir à ce pacte de gouvernabilité dont les contours ont été dessinés par Jean Henry Céant. Il va de soi que Jovenel Moïse, en sa qualité de chef d'État, devrait retourner à la table des négociations avec les acteurs, y compris les plus radicaux en vue de trouver un minimum de consensus.

Il se pourrait que le président reconsidère de fond en comble le cabinet ministériel, qu’il mette son mandat sur la table. Que les forces antagonistes revoient leurs exigences. Aucun sacrifice ne devrait être trop grand pour sauver le pays. Car, il est un secret de polichinelle que l’État, à travers ses trois pouvoirs, a failli.

Au fil du temps, le jeu se corse. Les acteurs sont invités à faire preuve de bonne foi pour épargner le pays d'une catastrophe politique aux conséquences néfastes en ces temps difficiles déjà marqués par la misère atroce. À cela s'ajoute la saison cyclonique qui s'approche certainement avec son lot d'incertitudes. Entre la saison cyclonique et la politique, la nation ne sait pas encore laquelle des deux nous épargnera de l’innommable.

Noclès Débréus



Articles connexes


Afficher plus [869]