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Incertitudes…

Incertitudes…








Chaque jour qui passe voit la plupart des institutions se vider de leur contenu. Il y a longtemps que le statut de l’actuel Premier ministre baigne dans un flou artistique, alors que les urgences ne manquent pas. La révolte contre les différentes hiérarchies gronde dans certains ministères et hôpitaux. Comme un bateau fantôme, la machine étatique est à la dérive et vogue à l’aveugle sur une mer démontée. Un diplomate étranger voit à l’horizon de gros nuages noirs. Une constatation qui crève les yeux, et dont la majorité des Haïtiens ont une conscience aigüe, tandis que les politiques continuent à danser sur un volcan. Les premières chaleurs de la lave incandescente laissent figer dans le marbre, des élus incapables d’apporter des solutions novatrices aux problèmes de ce pays.

Le dernier rapport de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, dont les bonnes pages commencent à arriver sur les tables de rédaction, risque d’affaiblir encore un leadership étatique presqu’inexistant. La bonne nouvelle est que cette fois-ci, les juges ont, semble-t-il, fait un travail systématique. C’est tout à leur honneur, mais aussi et surtout à celui de la saine mobilisation d’une jeunesse bien décidée à connaître la vérité sur une affaire qui apparaît de plus en plus scabreuse.

Le saccage du Parlement par la bande des quatre sénateurs rentrera dans l’Histoire. Elle est la manifestation d’une violence qui, depuis quelque temps, se répand dans la communauté comme une épidémie. La révocation sommaire de l’ancien Premier ministre, Jean-Henry Céant, n’était que le début d’un processus de sabordage d’un Parlement de plus en plus décrié. Le langage belliqueux utilisé au cours des séances, l’absence d’élégance et d’éthique politique entre les protagonistes d’une assemblée dite républicaine ont constitué le prologue de la chronique d’une catastrophe annoncée. Un député avait même parlé de guillotine, pour évoquer la mise à mort politique du Premier, Jean-Henry Céant. La rapidité de la séance de renvoi et son caractère sommaire avaient étonné plus d’un. Depuis, une vraie bataille rangée a débuté entre majorité et minorité dans les deux chambres. La minorité se sentant otage d’un complot permanent, est dès lors disposée à utiliser tous les moyens pour bloquer les objectifs de la majorité présidentielle accusée de leur laisser des miettes et de sortir des règles du jeu parlementaire.

La riposte implacable ne s’est donc pas fait attendre, une minorité décidée et prête à tout a pu mettre en déroute une majorité pas si unie, et dont les premières lignes de faille apparaissent avec la vraie fausse annonce de la démission de 72 députés. La vérité est que la majorité présidentielle, peu audible par la population, a du mal à mettre en place ce qui est essentiel pour la marche du pays, à savoir un gouvernement fonctionnel capable de faire face à la grave crise actuelle.

À force de vouloir conserver toutes ses billes, l’actuel pouvoir risque de perdre toute la mise. Le concept de négociation n’est pas compris de la même manière par toutes les parties. La bande des quatre sénateurs se présente aujourd’hui en « héros » d’un spectacle peu reluisant, mais qui table politiquement sur la perte de crédibilité d’une Assemblée perçue comme budgétivore et peu efficace. De plus, le rapport de la Cour supérieure des comptes jette une lumière crue sur les errements d’un système politique miteux et incompatible avec le progrès.

Quoi qu’il en soit, le temps presse. Une possible pénurie de carburant pointe à l’horizon, le gouverneur de la Banque centrale, la mine déconfite et le ton grave, a appelé récemment les acteurs politiques à plus de responsabilités.

Sans vouloir jouer aux Cassandres, le pays est un vrai chaudron. Et, la température monte à l’approche du mois de juillet qui s’annonce brûlant.

À moins que… nous nous mettions en ordre de marche pour penser l’avenir, avant d’être pensés par lui.

Roody Edmé



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