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Le crépuscule des brasseurs

Le crépuscule des brasseurs








L’état ignoble de notre environnement physique et humain -on n’a qu’à voir l’état des rues de la capitale après une pluie- est comme la coupe zéro d’un coiffeur. Le résultat d’un pillage généralisé. Les brasseurs dans notre pays se sont infiltrés partout dans le seul but de détourner tout l’argent que peut générer l’État. Ces brasseurs, on les rencontre souvent dans les ministères, dans les couloirs de toutes les institutions d’État, dans les cabinets d’avocat, dans les groupes dits politiques. Parfois jeunes, costards bien coupés, certains peuvent être forts en gueule jusqu’à devenir ministre ou parlementaire. Leur unique objectif : venir s’asseoir sur le dos de la vache qu’est l’État pour ripailler. Certains ont parfois quelques connexions politiques pour décrocher quelques contrats avec des compagnies bidon. D’autres peuvent être à la tête d’ONG et obtenir des financements d’institutions étrangères. Une grande partie de l’argent est, bien sûr, détournée. Ceux qui croient que les étrangers ne sont pas au courant se fourrent le doigt dans l’œil. Certains de ces brasseurs à la tête d’ONG locales ne sont que des courtiers. La même chose pour les brasseurs qui ont la sombre intelligence de monter des projets bidon. Au sein de l’État, ils ont souvent des bras, des patrons. Le pillage de la nation est une entreprise qui ne date pas d’aujourd’hui. Sauf qu’avec la victoire des bandits légaux appuyés par la communauté internationale, les brasseurs sont devenus arrogants. Ils ont eu la Présidence. Tout est permis. Le président a parlé. Point barre !

Les brasseurs se croyaient tout permis surtout avec leurs troupes campant victorieuses au Parlement. Plein de brasseurs aussi dans les ministères, dans la presse. On a vu un brasseur se faire bastonner dans les couloirs d’un ministère parce qu’il était venu négocier des millions pour le Parlement alors qu’il n’y a pas, semble-t-il, des provisions pour payer des petits employés qui gagnent une pitance. Des brasseurs utilisent leur micro pour défendre les brasseurs au pouvoir, bien sûr contre argent comptant. Les brasseurs ont cela comme qualité. On peut leur cracher au visage, ils continuent à ramper. Ils n’ont pas d’état d’âme. C’est une lie excrémentielle de l’espèce humaine que notre société produit à satiété.

Dans le temps, on avait des imposteurs, des arnaqueurs à la tête de cet État. Les imposteurs, les arnaqueurs, peuvent avoir un certain panache. La littérature connait le personnage d’Arsène Lupin. Aujourd’hui, nous avons des brasseurs. Leur arrogance, leur ignorance, leur cynisme ont accéléré la dégradation socio-économique. Les brasseurs sont tombés comme des sauterelles sur la manne du Petrocaribe, pensant trouver là une zone très molle dans la possibilité d’une reddition de compte. Mais, ils n’ont pas tenu compte –le pouvaient-ils avec l’étendue de leur ignorance- de la levée de boucliers contre la corruption qui commençait et qui se renforçait sur toute la planète. Aujourd’hui, qui est pris, qui se croyait prendre. Les animaux politiques, les manœuvriers politiques ont tout fait pour enterrer le dossier, son envoi du Sénat à la Cour supérieure des comptes étant vu comme une manière sûre et élégante d’enterrer l’affaire ou de l’envoyer aux calendes grecques.

La Cour supérieure des comptes pouvait-elle jouer le jeu des brasseurs à l’ère où l’information à la fraction de seconde est planétaire ? Elle devait aussi se dédouaner. Elle n’a pas fait son travail comme beaucoup d’institutions, le Parlement y compris, tous pris en otage par les brasseurs. Ces derniers vont encore s’agiter, se débattre. Les affres de l’agonie des rats pris au piège. On ne peut plus ignorer ce rapport. Le Sénat s’est pris à son propre piège en déclarant qu’il serait lié aux conclusions de ce rapport technique.

Le président de la République qui voulait faire croire qu’il était disposé à lutter contre la corruption est gravement impliqué dans ce rapport. Surtout à l’époque du citoyen qui brassait tout comme les autres. Pour ce qui reste de l’honneur de ce pays, il devrait jeter l’éponge. Mais, il n’y a pas de sens de l’honneur dans le monde des brasseurs.

La communauté internationale devrait d’urgence se faire soigner. Quand on dort avec des chiens galeux, on attrape des tiques.

Gary Victor



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