S'identifier Contact Avis
 
27.52° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video
Le point de non-retour

Le point de non-retour








Les réformes n’ayant pas été enclenchées, le suivi des indicateurs de développement n’est pas à l’ordre du jour. Occupés à jouer aux pompiers face à des incendies politiques qu’ils ont, eux-mêmes, provoqués, les dirigeants n’arrivent plus à donner l’impression de s’intéresser aux problèmes qui rongent le bien-être de la population. Alors que la famine est à nos portes, aucune politique consistante ne semble avoir été mise en œuvre pour désamorcer l’hécatombe. Le mode pilotage automatique a été activé depuis les émeutes de juillet 2018.

Les anciens porte-parole de Jovenel Moise devraient maintenant se réjouir d’avoir été renvoyés. Cette fonction qui exige que l’on trouve de bons arguments à toutes les circonstances leur demanderait aujourd’hui de trop grandes acrobaties. Le chef de l’État qui n’inspire plus confiance aux citoyens reste silencieux face aux graves accusations de corruption dont il fait l’objet dans le deuxième rapport de la Cour des comptes et du contentieux administratif sur la gestion du fonds Petrocaribe publié le 31 mai 2019. Son mutisme n’arrange pas les choses. De toute façon, le capital de légitimité du mandataire de la nation s’est épuisé si vite que l’accomplissement de son quinquennat devient l’hypothèse la moins probable du scénario en cours.

Hormis quelques présidents éphémères, il serait difficile de trouver, dans l’histoire du pays, un leader aussi décrié dans l’opinion publique. Les déclarations va-t-en-guerre et les promesses non tenues de Jovenel Moise ont fait de lui un homme aux discours creux et agaçants. Et, on ne se retient plus quand on parle de ce chef d’État qui, en plus de n’avoir toujours pas réalisé une seule de ses promesses, se trouve face à des accusations de corruption qui contrastent vivement avec le prestige de sa fonction.

Désormais, ce n’est plus uniquement l’opposition qui demande la démission du locataire du Palais national. Les groupes de jeunes qui ont initié le redoutable mouvement Petrocaribe challenge ainsi que des personnalités assez influentes de la société civile se rendent compte que le procès sur la dilapidation des 4.2 milliards de dollars ne pourra pas avoir lieu avec les dirigeants actuels.

Le rapport de la Cour des comptes qui associe Jovenel Moise à d’étonnantes malversations est apparemment la goute d’eau qui fera renverser le vase de colère. Celui qui se débattait avant même son accession au fauteuil présidentiel contre une inculpation de blanchiment est accusé par la principale cour de justice administrative du pays d’implications dans une vaste fraude au préjudice de l’État. Que lui reste-t-il de légitimité ?

La bataille contre la corruption tend à se renforcer avec la dégradation accélérée des conditions de vie des citoyens. La misère, l’insécurité et l’absence de leadership se sont aggravées au point que les défenseurs du respect des mandats constitutionnels ont du mal à soutenir leur position dans la conjoncture actuelle. D’ailleurs, au milieu de l’imbroglio parlementaire qui bloque la ratification du prochain Premier ministre, le chef de l’État ne gère rien du tout. Que Jovenel Moise parte ou qu’il reste – on sait qu’il ne démissionnera pas de plein gré - là n’est pas le véritable enjeu. La grande préoccupation concerne les graves égratignures causées à l’honorabilité de la fonction présidentielle. Il faudrait donc empêcher que ne soit emporté avec lui le prestige de l’État.

Kendi Zidor



Articles connexes


Afficher plus [900]