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Vaines ruses

Vaines ruses








La morale de la fable « Le lièvre et la tortue » de Jean de La Fontaine a montré que le pire désavantage des médiocres est leur incapacité à saisir le challenge imposé par la marche du temps. Se fixer des objectifs et les atteindre en respectant ses propres délais est une bonne illustration de l’intelligence. Dans tous les domaines, y compris les processus de développement, cet exercice est courant et pratique. Mais en Haïti, les décideurs croient pouvoir indéfiniment faire les malins.

Qui, dans l’entourage de Jovenel Moise, voudrait lui rappeler que le temps ne s’est pas arrêté après les émeutes de juillet 2018 ? Ce petit mot servirait à dire au chef de l’État que ses tâtonnements ont trop duré. En effet, les enfantillages et les crises mal gérées ont rarement eu autant de conséquences sur la vie nationale. Entre les longues grèves, la peur des rues et les changements de gouvernement, un an s’est écoulé. Les actions des autorités sont pourtant réduites à des manœuvres politiciennes pour tenter de désamorcer un soulèvement général.

Alors que la nature s’est montrée clémente ces derniers mois en épargnant Haïti des désastres habituels, la catastrophe politique n’a pu être évitée. Les lourds déficits dans l’économie, les nombreux jours de classe perdus, les atteintes à l’image du pays sont le bilan partiel de l’instabilité qui s’est aggravée. Aucun chiffre ne peut être avancé, car il y a de ces pertes qui ne sont pas quantifiables. Qui pis est, chaque nouvel épisode ronge l’autorité de l’État et met à nu l’absence de leadership des tenants des pouvoirs publics.

Près d’un an après le mémorable mouvement des 6,7 et 8 juillet 2018, la situation a empiré à tous les points de vue. La crise actuelle marquée par l’insistance des appels à la démission de Jovenel Moise est le résultat de l’entêtement d’un président qui ne croit qu’à ses propres méthodes. Celui qui ne rate jamais l’occasion de prêcher l’évangile du dialogue a souvent trouvé un moyen d’ignorer ses vis-à-vis. A vouloir faire passer le temps pour toujours garder ses petits avantages et protéger son égo, il se retrouve aujourd’hui seul avec une popularité en ruines.

Jovenel Moise, plus que jamais affaibli, cherche les stratégies pour réaliser une remontada politique. Quand on n’a pas l’avantage de l’opinion, on se doit d’être prudent. Sa précaution à prendre la parole après la grande marche du 9 juin 2019 ne serait donc pas une simple hésitation. Il veut miser gros pour sauver son mandat ou ce qui peut encore l’être. Mais ce n’est pas sûr qu’il puisse réussir à sauver son honneur avec.

Au-delà de l’avenir d’un président, les problèmes fondamentaux des communautés haïtiennes devraient être les préoccupations de vrais hommes d’État. Les ruses pour sauver un mandat ne pourront pas passer sous silence les torts faits à la nation par les dilapidateurs de fonds publics. Les auteurs des massacres et leurs complices ne devraient pas se mettre en tête qu’ils pourront échapper à la justice. Aussi longtemps que persistera cette instabilité générée par la méfiance politique et le désaveu généralisé, l’inflation qui affecte le quotidien de tous les Haïtiens, l’insécurité grandissante et les autres grands maux atteindront de nouveaux records. Ceux qui à qui il reste de la décence sauront se mettre du bon coté de l’histoire.

Kendi Zidor



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