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L’usure

L’usure








Dans n’importe quel autre pays, les carottes seraient déjà cuites. Surtout à une ère où la technologie permet aux informations de circuler à la seconde et qu’un consensus s’est établi, sur la planète, pour combattre la corruption. Il est vrai que la corruption est un tout et que pour bien la circonscrire et la combattre, il faut prendre en compte la complexité du phénomène.

Ceux qui ont déclenché l’affaire du Pétrocaribe savaient-ils qu’ils mettaient en danger un système de prédation qui fonctionnait assez bien depuis des décennies ? L’âpreté des luttes pour le pouvoir a- elle fait qu’ils n’ont vu dans ce dossier qu’une arme pouvant asséner au parti qui gouverne un coup dont il ne pourrait se relever ?

Si le groupe au pouvoir est blessé gravement par l’affaire du Pétrocaribe depuis la publication du rapport de la Cour supérieure des comptes, il peut compter toutefois sur tous ceux qui tirent un quelconque bénéfice du gouvernement en place et aussi de la léthargie ou de l’opportunisme de tous ceux qui espèrent un jour se retrouver aux commandes dans les mêmes conditions et aussi de ceux qui pensent que le départ de l’équipe au pouvoir ne changera pas les donnes vu que chaque fois qu’on a éjecté un président on s’est retrouvé après dans le même pétrin. Cette dernière considération n’est valable que si on ne tire pas des leçons des expériences passées, car quelle est l’économie de laisser en place un pouvoir qui, dans une logique de dilapidation des fonds publics, ne se soucie nullement de gouvernance ? À moins qu’on soit à fond avec ce slogan « Kite peyi a mache » slogan qui tend la main à la maxime de vie de nos bandits légaux « Bien manger, bien boire, bien forniquer, attendre sa mort. »

Le bourbier moral dans lequel se trouve notre société explique que le scandale Pétrocaribe, les manifestations, qui n’en finissent pas, ne semblent pas ébranler l’équipe au pouvoir. Quand on a déjà tout accepté au nom d’une survie dans un espace de précarité maximum, il en faut plus pour faire bouger les choses, surtout quand la communauté internationale donne son appui au gouvernement en place au nom du respect d’une démocratie qu’elle a aidé à mettre en haillons. Le peuple haïtien est le cadet des soucis des décideurs étrangers et les autorités en place permettent de faramineuses prébendes.

Prendre à l’usure le peuple haïtien est certainement la stratégie qu’adopte le pouvoir en place et ses alliés nationaux et étrangers. « Ils se fatigueront certainement. Leurs besoins au jour le jour les obligeront à rentrer chez eux. » Et puis il y a aussi la répression. Un journaliste assassiné. Les gangs aux ordres. Les disparitions. Surtout la corruption. On puise tous azimuts dans les fonds publics pour acheter des consciences ce qui est relativement facile dans un pays où la précarité animalise les gens.

Et après on aura quoi ? Le courant 24 heures sur 24 ? Des routes ? Des écoles ? Des hôpitaux ? Du travail ?

Rien de tout cela. Ce sera comme dans les films de western. Une bande de bandits qui rançonnent, qui purgent une ville. Ici un pays. Et il n’y aura pas de héros hollywoodien pour venir nous sauver. Pour le scénariste hollywoodien, le petit haïtien de la Saline, de Carrefour-Feuille ou de Raboteau n’est qu’un ver de terre.

Gary Victor



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