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Oui Haïti existe !

Oui Haïti existe !








La victoire d’Haïti contre le Canada a mis du baume dans le cœur endolori des Haïtiens. Au coup de sifflet final, le pays tout entier a crié sa joie. Le cri parti des entrailles du peuple était proportionnel aux frustrations vécues ces derniers temps sur le plan économique et social et aux déceptions accumulées au niveau politique.

Le match était bien parti. Les joueurs de l’équipe nationale ont affiché dès l’entame de la partie, une envie de gagner. Toutefois, la loi du plus fort paraissait encore une fois s’imposer dans une sorte de logique implacable. Car, il n’y a aucune commune mesure entre les énormes moyens dont dispose le Canada pour préparer son équipe, et les maigres ressources d’une courageuse et talentueuse équipe haïtienne.

Pourtant les grenadiers qui portent bien leur nom, sont partis à l’assaut de la forteresse canadienne pour offrir au peuple haïtien, une magnifique remontada. Ils n’étaient pas nombreux ceux qui croyaient en ce renversement de situation. Tenu à la gorge par une machine canadienne bien rodée, le Onze national a su fait preuve d’abnégation et de vigilance tactique pour ramener d’abord le score à deux buts partout et pour obtenir le but de la victoire sur une combinaison remarquable qui mérite de figurer dans le cursus de nos écoles de football.

Je vous renvoie à notre chroniqueur sportif pour plus de commentaires tactiques sur ce match épique. Cependant, son impact social mérite que nous en tenions compte dans nos éditoriaux. Les succès accumulés depuis quelque temps par nos équipes féminines et masculines prouvent que la jeunesse haïtienne est prête à mettre toute sa fougue au service du grand relèvement national. Les performances de jeunes auteurs qui participent dans les concours littéraires organisés par l’écrivain Gary Victor et d’autres entités à travers le pays sont révélatrices de ce vivier qui ne demande qu’à s’épanouir.

Il faut donc un État qui soit à la hauteur du rêve nourri par tant d’Haïtiens. Il n’est pas dit que notre destin doit être celui de réfugiés économiques et/ou académiques. Il est temps que naisse un projet haïtien loin des sentiers battus par nos politiques traditionnelles inopérantes et rétrogrades.

Le moment est venu de penser ce pays autrement. Le projet haïtien à construire dans ses dimensions sociale, économique, politique et culturelle doit dépasser les momentums conjoncturels. Il ne s’agit pas de se mettre à rêver du grand soir, mais de s’atteler à la tâche exaltante de bâtir ce pays.

Pour cela, il nous faut reconstituer cet être haïtien dispersé aux quatre vents. Apprendre à construire un collectif, un « nous » capable d’envisager un avenir commun. Les recettes de bazar du FMI ne suffiront pas. Elles ne sont bonnes que pour la gestion monétaire, elles ne sont pas faites pour les grands desseins. Pour sortir de l’humanitaire et de l’assistanat, il faudrait partir, par exemple, de l’idée généreuse et visionnaire du konbitisme de Mme Fombrun, à charge pour nos économistes et politiques d’en épaissir le contenu et de le rendre opérationnel.

Deux grandes questions vont se poser à nous ces dernières années : comment créer de la richesse dans notre pays et comment faire pour qu’elle ne soit pas captée par les habituels prédateurs ou de nouveaux ? Pour le reste, il y a une jeunesse qui est prête à relever tous les défis, une diaspora qui rêve d’un pays normal, des artistes et écrivains de qualité, des sportifs qui se positionnent avec envie sur la carte mondiale du sport. Le sport et la culture ne nous sauveront pas, mais ce sont deux grandes ailes qui peuvent nous aider à prendre notre envol, à condition que le politique donne le ton en aidant l’économie à décoller pour de bon.

N’est-ce pas Dukens Nazon, l’un des meilleurs grenadiers, qui donne l’exemple en affirmant : « avec le caractère qu’on a, on peut gagner la Gold cup ».

Ils réussiront peut-être ou pas à gagner cette coupe, ils y sont déjà dans le carré magique des meilleures équipes de la région, mais nous avons besoin de tels leaders dans tous les domaines. Des gens décidés et croyant en leurs capacités. Un peu comme l’autre qui disait à ses compatriotes : « yes we can ». Nous aussi, nous pouvons et il suffit d’un peu d’écoute, de responsabilité, et surtout d’honnêteté pour tenter une « remontada sociale ».

Roody Edmé



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