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La même case

La même case








Lors des funérailles de Jean Rémy, en juillet 1948, le fondateur du journal La République lâchement assassiné, comme tant de journalistes avant et après lui, un intellectuel bien connu, pour son oraison funèbre, s’exprimait ainsi « Cependant à l’encontre de ceux qui croient qu’on peut vaincre sans péril, qu’on peut triompher de l’injustice sans susciter de ces ressentiments qui commandent aux bras meurtriers, Jean Rémy ne s’illusionnait pas sur les dangers de la bataille. Il se sentait menacé, mais on ne peut pas toujours savoir quand et par où frappera le fanatisme, surtout quand il est une de ses forces morbidement désespérées, vomies par un ordre social qui s’écroule, et qui rappellent les assauts de la bête humaine, lorsque traqué par la justice qui se réveille, elle se retourne et frappe comme si, en supprimant ceux qui rendent le verdict, elle pouvait supprimer le verdict lui-même ».

Plus de soixante-dix ans après, cet ordre social est toujours là et on continue à assassiner des journalistes. On en menace d’autres. Des conseillers de la Cour supérieure des comptes sont sous pression. Comme dit l’auteur de l’oraison funèbre pour le célèbre journaliste Jean Rémy, on veut supprimer ceux qui rendent le verdict, ceux qui montrent du doigt le spectacle hideux de ces fauves qui se gavent encore de ce qui reste des avoirs de la nation. Pourtant, le spectacle est ce qu’il est. Les fauves restent des fauves. On peut empêcher les uns et aux autres de dire la vérité, mais elle est ce qu’elle est. Plus de trois milliards de dollars ont été dilapidés, détournés et c’est la population haïtienne qui va payer la dette. Le gouvernement américain peut bien soutenir l’administration en place, la vérité est que le pouvoir en place est en plein dans le plus grand scandale de corruption que ce pays ait connu. C’est vrai que le Petrocaribe a commencé sous l’administration Préval et que plein de fonctionnaires de l’époque doivent être questionnés, mais ce qui a suivi après ressemble bien à un festin d’une nuée de sauterelles. Le pays se retrouve exsangue, dépouillé de tout pendant que nos voisins dominicains montrent avec fierté ce qu’ils ont réalisé avec l’argent du Petrocaribe.

Il est difficile de garder son calme, son sang-froid devant ce crime commis par tous ces gens qui, en position de pouvoir, auraient pu offrir à la nation haïtienne tant de choses avec l’argent du Venezuela. Comme a lancé un citoyen « men m si yo te pran mwatye lajan an sèlman », on aurait pu avoir des considérations. Mais rien. Absolument rien. Le mépris absolu pour une nation.

On peut se demander à quoi servent des élections dans un pays où il suffit d’avoir l’appui d’une puissance étrangère pour garder le pouvoir même si on est vomi par une population suite à un tel scandale de corruption. À la décharge de ces étrangers pour qui la démocratie ne semble avoir un sens qu’à l’intérieur de leurs frontières, nos institutions nationales totalement pourries se révèlent incapables de relever le défi tous ces scandales, car le dossier Petrocaribe n’est pas le seul dossier sur lequel on devait travailler. Il y a aussi celui des $1.50 sur les transferts et les redevances sur les appels et à partir de l’étranger sans aucun cadre légal défini et sans reddition de comptes. Il y en a encore plein.

Un an après les grandes manifestations de début juillet 2018, on est encore à la même case. Un pouvoir presque inexistant se repose sur l’appui des étrangers. On ne gouverne rien. L’État est en roue libre sans personne au gouvernail. Comme scandaient des dizaines de milliers de citoyens fêtant la victoire de l’équipe nationale sur le Canada samedi soir « Nou gen ekip, nou pa gen prezidan. »

Gary Victor



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