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Douche froide !

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Personne ne serait choqué d’imaginer l’ex-PM Jean-Henry Céant en train de passer une retraite calme et comblée. ǒaurait été plus que mérité après avoir consacré six longs mois de sa vie à jouer au Premier ministre dans un gouvernement où il n’était que l’intrus. Le vilain petit canard noir, jouet du président de la République obligé de protéger, envers et contre tous, son mandat et ses ambitions.

Plusieurs éléments attestent que la prise de responsabilité du notaire Céant comme Premier ministre n’a servi qu’à piétiner une réputation bien installée après des dizaines d’années de pratique professionnelle et de participation à la vie politique du pays. Le dialogue national, entreprise chronophage du mandat de Céant, a tourné au vinaigre le jour même de la présentation des résultats. Le procès Petrocaribe n’a pas été ni tenu ni programmé. Céant a été viré sans ménagement par la Chambre des députés. Il n’a même pas pu, pour le chic et pour l’élégance républicaine, bénéficier de la rallonge constitutionnelle que permet la liquidation des affaires courantes.

Quelques mois suffisent en Haïti pour oublier un Premier ministre qui n’a pas eu le temps d’étaler son envergure, surtout si le retraité, par la force des choses, ne tweete pas et ne danse plus. C’était sans compter sur deux sherpas de M. Céant, quand il était Premier ministre, qui s’en sont mis à quatre mains pour écrire un livre destiné à faire du mal tout en démontrant la vacuité des six mois de conduite des affaires de la République. Ils ont assisté de l’intérieur au fiasco Céant et l’ont mal vécu. Ils ont choisi de régler leur compte avec les armes dont ils disposent et accessoirement cloué au pilori l’ex-PM qu’ils accusent d’être consensuel, attaché à son amitié pour le président de la République. Pour ne pas dire un Premier ministre naïf à la limite de la déficience cérébrale.

Jean-Henry Céant, d’après Pascal Adrien et Jorchemy Jean-Baptiste, a connu un mandat stupéfiant d’amateurisme. Ils l’écrivent sans détour à la page 116 : « Ceux qui aspirent à investir les espaces de pouvoir politique doivent apprendre à en maitriser les lois élémentaires. Faute de quoi, c’est un naufrage assuré d’avance. Incrédule serait le capitaine sans être muni d’une carte de navigation. Naïf serait le général qui part en guerre contre une armée de vingt mille hommes sans s’assurer d’avoir sous ses ordres ses propres soldats. Jean-Henry Céant a violé les lois du pouvoir et, en général, cela se paye comptant. Espèces sonnantes et trébuchantes ».

Même quand cette prose ne sera jamais enseignée en classe de littérature, elle a le mérite d’être claire. Il reste une évidence que les deux auteurs, aussi courageux et revanchards qu’ils veuillent être, n’auront jamais le destin dont ils rêvaient en intégrant l’un des cercles les plus importants du pouvoir en Haïti. Eux, enfants de la province modeste et honnête, habituels premiers de la classe dans des écoles congréganistes, diplômés avec mention, jeunes amoureux du jeunisme, leaders avisés, ont été des victimes trainées dans la boue par les réels maitres du pouvoir en Haïti.

Sauf que le livre n’est pas un roman et que toutes les personnes citées, indexées, accusées sont connues et en vie. Peut-être qu’elles restent justiciables.

On aura compris la formule. La mise en place et le renvoi d’un gouvernement, particulièrement en temps de crise, ont leur part d’ombre et leur logique digne de la Camorra. C’est encore et toujours dans l’air du temps.

Peu de temps après avoir vidé leurs bureaux à la Primature, deux jeunes loups, se sont reconvertis en spécialistes de l’échec pour faire le procès d’une structure qu’ils ont servie et défendue. Ils ont balancé du lourd, divulguant au passage ce qui aurait pu être classé dans la catégorie des secrets d’État et de fonction.

Les vieux sont naïfs. Les jeunes n’ont pas de limites. La vie est belle.

Jean-Euphèle Milcé



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