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Port-au-Prince, le cauchemar

Port-au-Prince, le cauchemar








La capitale d’Haïti est sur le point de devenir l’exemple le plus accompli du chaos urbain dans le continent américain. Port-au-Prince est un drame qui se joue trop fort. À part dans les pays qui ont connu la guerre, peu de cas dans le monde illustrent aussi bien les effets destructeurs de la faillite de l’État. Désormais, on ne survit pas aux affres quotidiennes qui rythment la plupart des quartiers sans se prêter à des épreuves potentiellement mortelles.

Décider d’un itinéraire peut se révéler être un exercice compliqué suivant les circonstances. Des images qui circulent sur les réseaux sociaux montrent qu’en plus des gangs qui assiègent certaines zones, les cadavres, les piles d’immondices ou encore les marécages du Bicentenaire peuvent forcer à un jeu de marelle inattendu. Autant de laideurs qui font se questionner sur les vraies motivations des dirigeants à qui l’argent du contribuable permet d’habiter des quartiers chics.

Récemment, des sénateurs agitaient l’idée de déplacer le siège du Parlement. Ils croient devoir s’installer dans un environnement plus accueillant et serein. Trop souvent, ils s’indignent de traverser les rues pleines d’ordures et de braver les bruits de balles pour accéder à leurs bureaux. Mais ils devraient plutôt avoir honte d’eux-mêmes.

Leur intention suffit à expliquer l’insouciance de ces autorités face aux douleurs de leurs mandants. Car, même avec leurs véhicules blindés, leurs agents de sécurité, leurs armes lourdes et tout ce qu’ils ont comme privilèges, ces parlementaires voudraient se soustraire à la réalité des habitants de La Saline et ses environs plutôt que de chercher à la résoudre définitivement.

Pendant un certain temps, la désorganisation du trafic représentait un des pires tourments des habitants de la capitale laissés à leur sort. Avec ces klaxons fous, ces engueulades, ces bagarres en cascade entre automobilistes et les feux de signalisation dysfonctionnels, on se croirait dans une jungle, un petit bout de terre la loi du plus fort est la meilleure. Cela n’a pas changé, mais ce tableau rivalise dorénavant avec les cadavres découpés ou calcinés jetés dans les rues, les vestiges de massacres et les longues heures d’hostilités entre bandes criminelles près du palais présidentiel.

Qui pis est, l’État est plus que jamais absent. Cette ville qui s’est développée de façon anarchique sous les yeux passifs des autorités continue sa course vers son autodestruction. L’absence de planification a donné naissance à des communautés qui évoluent sans la moindre assistance des instances étatiques et qui ont fini par tomber aux mains de mafias. Malgré tout, les bandits seraient des menaces moins redoutables que celles liées aux risques environnementaux.

Il serait difficile aujourd’hui de faire croire à un citoyen lucide qu’Haïti a à sa tête des dirigeants dignes de leurs fonctions. Les autorités actuelles, secouées par une crise politique qu’elles ont patiemment provoquée, se sont décidées à mettre toute leur énergie dans une bataille politicienne pour garder leurs avantages particuliers, quitte à ce que le pays s’effondre. Outre les indicateurs de développement durable qui ne cessent de chuter, la dégradation du cadre de vie et l’assèchement de l’espoir au sein de la jeunesse présagent des lendemains plus sombres.

Kendi Zidor



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