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Le goût avide de la médiocrité

Le goût avide de la médiocrité








La haute finance en France a favorisé l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir. Si ce dernier est critiqué par certains dans son pays pour ses choix politiques, on admet qu’il est un homme de grande culture, une intelligence fruit d’un système capable de façonner des cerveaux pouvant gérer des communautés les plus complexes. En Afrique, de plus en plus, les présidents sont des hommes préparés, ce qui n’exclut pas qu’ils puissent être félons et même des vendus. Mais tous, au moins, ont la carrure de l’emploi. La médiocrité, du moins aussi visible, n’est pas à l’ordre du jour au sommet des États. Trop de grands intérêts sont en jeu.

Ici, chez nous, on constate pourtant, depuis des lustres, un goût avide pour la médiocrité. Ce goût nous donne souvent des baffes en plein visage sans que pourtant nous prenions la peine de nous atteler à changer de plan. On se souvient par exemple du silence présidentiel, plusieurs jours après un tremblement de terre qui a fait des dizaines de milliers de morts. Inacceptable. On aurait dû signifier la porte à ce président. Mais c’est passé comme une lettre la poste.

Une histoire vraie comme celle de ce président voulant désigner une personnalité à un poste de grande responsabilité. On lui présente trois noms. Le premier est un praticien très connu ayant fait de brillantes études universitaires à l’étranger. Il a de parfaites références et tout le monde s’accorde pour dire qu’il est un homme honnête soucieux de son pays et de son prochain. Pas trop intéressant, dit le président. Le second candidat qu’on lui présente a aussi le même profil. Compétent, honnête. Le président demande qu’on lui présente le troisième candidat. Ce dernier n’a pas bonne presse. Ses clients lui reprochent bien de choses. Bref, il a la réputation d’un magouilleur, quelqu’un qui ne pense qu’à l’argent. « C’est exactement celui qu’il nous faut », jubile le président.

Il y a aussi l’histoire de ce président qui arrête une réunion avec plein de leaders politiques, une réunion qui vient à peine de commencer et/ou on doit débattre de questions importantes pour la nation. Il vient de recevoir un appel téléphonique de sa « boubout » qui est arrivé à l’aéroport. Il renvoie la réunion et la séance tenante et a le toupet de demander aux personnes présentes, du viagra ou du cyalis, qu’est-ce qui donne le plus rapidement les meilleurs résultats. D’autres en pleine réunion peuvent s’amuser avec leur iPod. On n’en finirait pas de donner des exemples.

Nos hommes au pouvoir et dans l’opposition font preuve de plus en plus d’une aberrante médiocrité. Au pouvoir, la médiocrité fait encore plus de mal, car l’initiative des grandes décisions ne peut venir que du président. Mais habitué à s’enrichir dans l’obscurité et dans la boue, nos secteurs d’argent s’accommodent bien de la médiocrité qu’ils n’ont aucune gêne à promouvoir et à propulser au sommet de l’État. Comme la médiocrité ne peut produire de la gouvernance, nous sommes au point où nous sommes. Une économie en chute libre, un environnement dégradé, une insécurité qu’on nourrit en distribuant des armes dans les quartiers populaires et en nourrissant les gangs. Il serait faux de dire que ces secteurs se mettent le couteau sous la gorge. Leur plan b, l’évacuation, est déjà prêt avec tous les investissements réalisés en République dominicaine ou en Floride. En Haïti, on ne fait que presser la vache en agonie pour lui prendre ses dernières gouttes de lait.

On répète que le peuple est la canaille. Mais, chez nous, ce n’est pas chez le peuple qu’il faut chercher les vraies canailles.

Gary Victor



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