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Un dialogue national peut-il être révolutionnaire ?

Un dialogue national peut-il être révolutionnaire ?



Il y a quelques années, un Premier ministre décrétait le pays ouvert aux affaires. Depuis, sont surtout arrivés de tous horizons des « missionnaires » venus apporter la « bonne nouvelle ». Haïti constitue depuis de longues années, un laboratoire où viennent s’exprimer toutes les croyances. Le business de la « foi » s’est considérablement développé à la faveur du tremblement de terre et ne s’est pas arrêté depuis.

Trois années plus tard, le président Jovenel Moïse lança son fameux slogan de campagne. La formule paraissait à la fois simple et magique. Un mariage heureux des trois éléments : la terre, le soleil, l’eau de nos rivières devraient venir à bout du sous-développement. Mais en politique, il n’y a pas que les intentions qui comptent, il y a surtout le « management des ressources » et les bonnes pratiques publiques. Le volontarisme affiché du chef de l’État ne saurait suffire dans un environnement plombé par la corruption et le népotisme.

Le constat est plutôt sévère. Si les problèmes structurels d’Haïti ne datent pas d’aujourd’hui, force est de constater une dégradation accélérée de l’économie globale et une situation sociale aussi aggravée qu’insoutenable. Les vieux démons de l’instabilité font leur lit dans le marasme économique le plus éprouvant de ces dernières années.

Il n’y a pas de gouvernement, le Parlement bégaye des lois tonitruantes pour pallier ce dysfonctionnement, des entreprises mettent à pied quotidiennement des employés. La Côte des Arcadins, haut lieu du tourisme de plage, est asphyxiée par les actions d’un autre temps de bandits de grand chemin.

Johnson Napoléon, un entrepreneur très influent de la diaspora dénonçait sur les réseaux sociaux, le traitement réservé aux investisseurs haïtiens de l’étranger. Leur rêve ou plutôt leur fantasme, compte tenu des circonstances, d’investir dans leur pays devient un cauchemar interminable. Comment un pays qui a autant besoin d’investissements peut-il servir de repoussoir à ceux qui désirent faire des affaires dans leur communauté ? Les multiples tracasseries administratives, les grèves récurrentes, l’anarchie régnante sur les débarcadères de nos ports ou les marchandises sont traitées à la bonne franquette. Voilà autant d’obstacles infranchissables pour un commerce durable et soutenable.

La destruction de l’ordre civil, l’érosion corrosive des pouvoirs régaliens de l’État plongent notre pays dans une crise profonde et multiforme. Les tentatives de modernisation du climat des affaires à travers la Centre de facilitation des investissements (CFI) se heurtent au blocage de moult dispositions juridiques devenues obsolètes et on a l’impression que c’est une priorité d’en voter de nouvelles.

Le CFI est comme un cheveu sur une soupe peu ragoutante. À l’instar de tous les nouveaux services créés pour donner un coup de pouce aux structures traditionnelles, il retombe vite dans le « fonctionnariat » habituel, paralysé par un environnement non stimulant.

Le dysfonctionnement programmé des appareils d’État, favorise le racket et met en branle au quotidien sous le chaud soleil d’Haïti, une armée pléthorique de petits et gros brasseurs d’affaires qui suppléent aux services essentiels et légaux. La réforme administrative se doit d’être la porte d’entrée pour repenser les services publics. Toutefois, les obstacles seront surtout politiques, il est difficile de divorcer avec des pratiques séculaires de népotisme. Les véritables maux de cette République reposent sur une conception rétrograde et marginale du politique. On fait de la politique pour servir sa famille et son clan au détriment du bien commun. C’est ce qui explique aujourd’hui, notre douloureuse agonie sociale, piégée que nous sommes, entre un Président prisonnier de son clan et une opposition « boutefeu » dévorée de l’intérieur par une crise maligne de leadership.

Dans un tel climat délétère, le symbole du « Kita Nago » ne peut que s’enflammer. L’unité nationale ne saurait se construire sans une reddition sereine et rigoureuse des comptes. Une complète remise à plat est nécessaire dans le cadre d’un vrai débat constructif, sans compromis mou, autour de l’avenir d’Haïti.

Oui un vrai dialogue national, sans faux semblant ou poker menteur, peut être le début d’une révolution pacifique.

Roody Edmé




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