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Inutile loi du Talion

Inutile loi du Talion








Quels qu’aient été les motifs de satisfaction provoqués par l’arrestation du presque mythique chef de gang Anel Joseph, les images volées puis diffusées par des policiers en mission n’étaient vraiment pas nécessaires et ne profitent à personne.

Les actions commises par Anel Joseph, pendant trop longtemps, sont de natures criminelles et hautement répréhensibles. Il est aisé de comprendre que l’ennemi public numéro un avait fait preuve d’une capacité à peine croyable de nuire à l’ordre public et de narguer les autorités policières.

Le pays a fait l’expérience du cynisme d’un garçon des quartiers précaires qui a peut-être pris la légende de Robin des bois pour un droit de tuer et de voler. La République a appris, sur le coup, que ce chef de gang était en guerre. Accessoirement, il jouait au justicier social en utilisant ses soldats et ses armes pour voler les riches afin de nourrir son peuple. C’est la logique primaire de la guerre : il faut dépouiller les perdants pour disposer d’un butin à partager.

Bien entendu, dans l’arrogance que lui a conféré sa mauvaise compréhension du rôle de justicier (même pour le cinéma populaire), Anel Joseph n’a jamais compris qu’il a réussi à couper le pays en deux prenant en otage des pans entiers de la population, entravant les déplacements des voyageurs et ruinant, par ricochet, des acteurs économiques principalement dans le tourisme.

Il faudra du temps pour expliquer au chef de gang que l’engrenage mortifère qu’il a actionné ne peut pas être perçu comme une lutte égalitariste ou un désir de nuire aux riches. Les juges s’en chargeront. Peut-être.

La Police, quant à elle, exerce, au nom de la société, un pouvoir répressif sur tous ceux qui contreviennent à la loi et défient l’ordre public. L’arrestation du très craint Anel Joseph ne pouvait qu’être applaudie par la majorité des citoyens qui, dans leur exaspération, commençait à accuser la Police de protéger le fugitif, en plus des liaisons douteuses et dangereuses qu’il entretiendrait avec des personnalités politiques proches du pouvoir. Au grand jamais, les policiers n’avaient besoin de conduire un interrogatoire en direct sur Facebook d’un bandit interpellé, maitrisé dans la position du faible.

Aux dévoiements d’un bandit notoire, la Police doit prouver qu’elle est capable, dans ses actions, d’être exemplaire. C’est dommage que la diffusion de l’interrogatoire, aussi inutile que choquante d’Anel Joseph, ait annihilé les effets heureux d’une opération si bien menée.

Les vidéos, de policiers triomphants et d’un individu en posture humiliante, diffusées hier sur les réseaux sociaux – sans la validation des responsables de l’institution policière – ont répandu dans les esprits une expression forte de la haine. Le pays, au plus fort d’une crise exceptionnelle, ne peut pas, à travers ses gardiens de l’ordre et de la morale publique, se permettre de mettre en scène la violence, même légitime.


L’application de la loi du Talion, d’où qu’elle vienne, à toujours ses limites.

Jean-Euphèle Milcé



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