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Fusible !

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L’actualité de cette semaine est riche en rebondissements. L’État, longtemps plongé dans une léthargie déconcertante, s’est brusquement réveillé. Il s’active. Dans un laps de temps, Arnel Joseph, l’ennemi numéro un fabriqué contre la nation est capturé et placé sous les verrous. Une action saluée par la nation entière en dépit des bavures policières à dénoncer.

Le même jour, Jean Michel Lapin, Premier ministre nommé, trois fois échoué au Sénat pour la ratification de son énoncé de politique générale, a présenté sa démission au président de la République. Dans une véritable course contre la montre, Jovenel Moïse a vite choisi un nouveau Premier ministre en la personne de Fritz William Michel pressenti comme ministre de la Planification dans le gouvernement de Lapin. Et le tout nouveau Premier ministre, pour rattraper le temps perdu, se prépare déjà à se présenter devant le Parlement. Contrairement à Jean Michel Lapin qui a été reçu au Sénat en premier, Fritz William Michel a emprunté la voie inverse en se présentant devant les députés avant les sénateurs.

Les informations de couloir laisseraient croire que le nouveau Premier ministre entretiendrait des liens privilégiés avec le président de la Chambre des députés. Et qu’il aurait même été recommandé au gouvernement de Lapin par le député de Delmas. Si ces informations se révèlent justes, M. Michel pourra compter sur des alliés de poids au Parlement dans sa course vers la Primature.

Malgré la force politique de ses alliés à la Chambre basse, le Premier ministre nommé n’aura pas pourtant les coudées franches, car il a hérité du passif de Jovenel Moïse. La messe n’est pas encore dite. Les députés de l’opposition menacent de boycotter sa ratification en conditionnant toute séance à la Chambre basse à la mise en débat du dossier de la mise en accusation de Jovenel Moïse.

S’il parviendrait à passer le cap de la Chambre des députés, le jeune PM nommé, âgé de 38 ans sans trop grande triture politique, devra affronter le groupe des quatre sénateurs qui s’étaient mis sur la route de Jean Michel Lapin.

Cette étape s’annonce déjà difficile pour le PM, car l’opposition radicale commence à durcir le ton et rejeter ce choix de Jovenel Moïse.

En voulant prouver à la communauté internationale sa capacité de conduire la barque du pays, Jovenel Moïse n’a-t-il pas mis la charrue avant les bœufs ? Quelle entente politique a été trouvée autour de ce choix ? Fritz William Michel est-il l’homme de cette conjoncture politique délétère ? A-t-il la capacité de redonner confiance aux différents secteurs de la vie nationale qui réclament à tout bout de champ le départ de Jovenel Moïse ? Autant de questions qui nous laissent dans la perplexité.

L’heure n’est plus à démagogie. Cette stratégie du président de la République de faire passer le temps en sautant des fusibles n’a pas donné de résultats. La nation en a souffert amèrement. Aujourd’hui, l’inflation a atteint la barre de 18.6 %. La misère est réelle.

Toute tentative de solutions cosmétiques à la crise actuelle ne saurait annihiler la possibilité des conséquences néfastes dans le futur. Pour l’instant avec l’arrestation d’Arnel Joseph, la démission de Jean Michel Lapin et la nomination de Fritz William Michel, le président s’est offert un moment de grâce en déplaçant les projecteurs braqués sur sa personne.

Fritz Michel William est donc attendu au tournant pour délivrer la marchandise. Sinon il sera considéré comme un fusible de plus de Jovenel Moïse dans sa stratégie de gérer son pouvoir. Le dernier choisi risque d’être un Premier ministre au même titre de Jack Guy Lafontant, Jean Henry Céant et même Jean Michel Lapin.

Noclès Débréus



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