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Un pays sous tension

Un pays sous tension



Depuis une semaine exactement, avec la lettre de démission, l’ambiguïté sur le règne de Jean-Michel Lapin, Premier ministre, a été levée. La nomination, dans la même journée, du citoyen Fritz William Michel a vite tué le suspens, malgré le fait que la nouvelle ait été noyée par l’arrestation du chef de gang Anel Joseph. Une semaine depuis, entre des réactions timides et les débats amusés ou enflammés autour de la réputation numérique du nouveau Chef de Gouvernement, l’indifférence s’est installée comme une prise de distance préventive. La crise, amplifiée en 2019, a-t-elle pris la forme d’une apocalypse sociale tuant l’envie de la population de s’y intéresser ? Ceci a de quoi surprendre et inquiéter. D’ordinaire les crises, si elles ont une vertu, c’est celle de permettre aux membres de la population d’animer un débat sur l’avenir du pays et au mieux d’exalter les sentiments citoyens dans toute leur noblesse.

Peut-être que le renvoi brutal de Jean-Henry Céant, en mars dernier, a des conséquences que le pays n’a pas su prévoir et mesurer. Le couple, composé d’un chef d’État affaibli par des mouvements insurrectionnels et un Premier ministre incapable de donner des garanties de fidélité sans faille, n’avait pas fait long feu. Aujourd’hui, même le Parlement, habitué à la génération d’ouragans à la place de débats, semble somnoler.

Ce n’est qu’une apparence.

La République vit quand même, la peur au ventre, avec les échos des déclarations d’une multitude de chefs de gangs autoproclamés héros et qui ne sont plus dans l’économie des paroles vantardes. Ils revendiquent, dans une conduite et des déclarations primitives, le contrôle et la « protection » d’une partie du territoire en y installant leur propre logique. Leur propre justice. Ce ne sont pas moins de quatre gangs voisins qui revendiquent le droit à la mobilisation guerrière.

La vallée de l’Artibonite, dans la portion comprise entre la Petite-Rivière de l’Artibonite et Marchand Dessalines est menacée d’une confrontation meurtrière qui peut embraser le pays entier. Car, l’étendue ainsi que le tissage solide du réseau des gangs, l’autolégitimation des bandits, les alliances incompréhensibles et la faiblesse des forces de police ne font qu’exacerber l’angoisse de la population.

A force d’inventorier les causes et les effets de l’impuissance, voilà que les citoyens, même ceux très engagés en politique, ont choisi de rester indifférents. Pourtant, 2019, du moins le premier semestre, restera dans l’histoire comme l’année qui a couvé une quantité impressionnante de situations politiques complexes. D’autant que l’économie s’est effondrée.

Le 29 juillet 2019, des structures citoyennes militantes ont annoncé que le quota des ressources pour l’année a déjà été utilisé. On peut avoir du mal à comprendre les calculs, mais il est facile de retenir la formule : le monde vit désormais à crédit.

En Haïti, personne n’a besoin d’un dessin pour comprendre que le nouveau Premier ministre est nommé pour diriger un pays en panne de croissance et qui exhibe des bandits avec leurs armes de guerre.

L’heure est grave et le temps des décisions lourdes approche.

Jean-Euphèle Milcé




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