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Car-wash

Car-wash



Sur les réseaux sociaux, confortables parfois dans l’anonymat, les gens peuvent dire n’importent quoi, s’exprimer au gré de leur humeur. Comme eut à opiner Umberto Eco, dans le temps ceux qui n’avaient rien à dire ne pouvaient s’exprimer que dans un bar, avec une bouteille de bière devant eux. C’était l’un des rares lieux où ils pouvaient parler. Sur les réseaux, c’est la liberté absolue. Les frustrations explosent. S’il y a plein de bonnes choses qui s’y passent aussi, on arrive à un moment où il est difficile de discerner le vrai du faux.

S’il y a une bonne chose qui s’est passé cette semaine, c’est que beaucoup de citoyens feront attention à ce qu’ils écrivent. Depuis une dizaine d’années, notre chute libre fait que n’importe qui, sans formation aucune, brasseur ou vaurien, toujours ignorant, peut accéder à n’importe quelle haute fonction de l’appareil d’État. Ce qui fait que beaucoup de citoyens qui savent que n’importe qui peut être n’importe où vont faire attention à ne pas publier n’importe quelle idiotie sur les réseaux afin de ne pas être épinglés le jour où la roulette politique haïtienne lui serait favorable. La prévention est plus facile que les acrobaties et l’argent à débourser pour faire croire alors que le compte que vous utilisiez depuis des années ne vous appartenait pas.

Le gouvernement et ses amis prouvent encore l’intérêt qu’ils accordent à la jeunesse. Dans le temps, il y avait les ti-sourit. Il y en a toujours. Aujourd’hui, la mode est aux cars-wash. Eau sous pression pour rafraichir les jeunes en ces périodes de forte chaleur, rabòday pour les abêtir, et tout ce qui va avec en dessous – sexe, drogue, violence, etc. —. Pendant ce temps, les gangs, sous conseil d’un excellent service étranger de communication, se font discrets. Il faut arriver sans trop de casse à la ligne d’arrivée, ce moment où il ne restera rien au Parlement et où on pourra gouverner par décret.

On est en plein dans la période cyclonique. On se rappelle l’avertissement, il y a de cela deux semaines ou trois, de cette pluie qui avait à peine duré trente minutes. Moins de cent millimètres de pluie et plusieurs quartiers furent presque sinistrés. En l’absence de gouvernance, on se remet à Dieu ou au Diable pour le jour que la moindre intempérie de force majeure touchera notre territoire. Intempérie qui sera du pain bénit pour tous ceux dans ce pays qui sont des alchimistes d’un genre particulier. Ils ont l’expertise pour se servir de la détresse de la population afin d’obtenir de l’or, des billets verts.

Pour en revenir aux cars-wash, programmes pour jeunes que les petits génies proches du pouvoir ont implémentés dans plusieurs quartiers populaires, ces activités sont symptomatiques de l’immense misère morale pour ne pas dire de la nullité et de la méchanceté de ceux qui sont sensés diriger notre communauté. Pour le prouver le délabrement et le manque d’ouvrages des bibliothèques qui peinent à exister dans certains quartiers. La bibliothèque Justin Lhérisson à Carrefour. Araka dans le voisinage du Portail Léogâne. On pourrait citer une dizaine d’autres. On trouve de l’argent pour les ti-sourit, les car-wash et les gangs. Mais pas pour les activités culturelles dignes de ce nom. Abêtir la jeunesse est, semble-t-il, plus prometteur.

Gary Victor




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