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Les enjeux d'une ratification

Les enjeux d'une ratification



Les jours se suivent et sont loin de vraiment se ressembler. Personne ne peut, avec de solides arguments, discourir sur le statut actuel de Jean-Michel Lapin et le devenir de Fritz William Michel.

La semaine dernière, l'actualité politique était tellement intense et chargée que l'on avait l’impression que l'État haïtien s'était réveillé de sa torpeur. En moins de 72 heures, rappelons-le, Jean-Michel Lapin a remis sa démission, le président a choisi un autre PM dans la même journée qui, sans tarder, s'est présenté à la Chambre basse pour déposer ses pièces puis nommer le cabinet ministériel. Une semaine plus tard, tous les acteurs semblent être encore à la case départ.

Depuis le dépôt des pièces du PM nommé à la Chambre des députés et la nomination des membres du cabinet ministériel, aucune avancée n'est enregistrée dans le processus devant conduire Fritz William Michel à la Primature. La Chambre basse, plongée dans la crise, est incapable d'organiser la moindre séance depuis tantôt 2 mois alors que la commission devant étudier le dossier du PM nommé devrait être formée en séance plénière avec des représentants de différents blocs politiques légalement constitués.

À ce jour, même le président de la Chambre basse n'est pas en mesure de fixer la date de cette séance. S'il est vrai que le PM nommé peut compter sur de grands alliés à la Chambre des députés, il semble toutefois n'être pas en territoire conquis. Ils doivent (lui et ses alliés) consentir des efforts et disposer de gros moyens pour convaincre et négocier avec les députés en fin mandat qui jouent leur va-tout. Déjà, certains députés, dont Alfredo Antoine et Clauvy Robas, qui se présentaient comme des alliés sûrs du pouvoir ont fait volt de face.

Et les députés minoritaires de l'opposition ne jurent que par la mise en accusation du président de la République comme condition préalable à la tenue de toute séance.

Au niveau du Sénat, Fritz William Michel, sans une grande négociation, butera sur du roc coriace. Le groupe des 4 sénateurs de l'opposition a déjà fixé sa position. L'heure n'est pas à la formation du gouvernement, croient-ils, ignorant le choix de Fritz William Michel. D'autres sénateurs, réputés proches du pouvoir, misent sur l'indécision. Même « l'animal politique » qui s'était battu pour Jean Michel Lapin semble ne pas approuver le choix de Jovenel Moïse.

Avec ce choix en dehors de tout consensus, il faut se demander si Jovenel Moïse a bien voulu de Fritz William Michel comme Premier ministre? Ou fait-il passer le temps jusqu'au départ des députés pour espérer diriger par décret en imposant son vrai PM?

Le jeu se corse et les enjeux sont de taille tant pour le pouvoir, l’opposition et le Parlement qui joue son avenir. Le pouvoir a besoin des garanties tout comme le Parlement et l'opposition. Jovenel Moïse a besoin d'un PM fidèle qui ne le trahira pas en cas de démission étant donné qu’il est identifié comme un élément de la crise du fait de son implication dans le dossier Petrocaribe. Sans compter les autres scandales qui ont éclaboussé des personnes comptant parmi ses proches.

L'avenir d'un bon nombre de dossiers, dont Petrocaribe, est en jeu dans cette ratification. L'avenir du Parlement aussi. Car, en septembre prochain les députés partiront en vacances pour ne plus revenir s'ils ne sont pas convoqués à l'extraordinaire par le président de la République. Le Sénat sera également amputé de 2/3 de ses membres à partir du deuxième lundi de janvier 2020. Il faut donc une certaine garantie sur les élections pour rassurer les hommes du bicentenaire.

Entre-temps, la crise institutionnelle actuelle où ni Jean Michel Lapin ni Fritz William Michel ne peuvent légalement et constitutionnellement engager l'État risque de s'aggraver. Et le président de la République semble être plus intéressé aux stratégies de garder le pouvoir qu'aux vrais problèmes du peuple haïtien qui croupit dans une misère atroce.

Noclès Débréus




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