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Délires et mensonges

Délires et mensonges








Notre espace sociopolitique est pourri par des délires et des mensonges qui démontrent à la fois notre noyade dans un fatras mystico-religieux qui excusent une lâcheté, une impuissance, et aussi nos impossibilités, jusqu’à date, à mener une bataille politique sérieuse devant aboutir à une vraie remise en cause de ce système si honni. Dans ces délires, Haïti serait une puissance en devenir avec un sous-sol qui recèlerait tous les trésors, tous les savoirs de la planète. Les mensonges, eux, détruisent des citoyens dont on ne veut surtout pas connaître la vraie histoire, détournent les regards de là où on ne voudrait pas qu’ils s’attardent et souvent permettent, soit de monnayer les fausses vérités, soit de s’aménager un sentier qui permettra peut-être d’être accepté à la table des grands fauves.

La simple vérité est que depuis la fondation de cet État, nous construisons, avec le mépris que nous avons pour nous-mêmes et pour la grande masse des bossales, notre propre tombeau. Pire, ce mépris que nous avons pour nous-mêmes et pour les autres, nous le leur avons transmis afin qu’ils se haïssent eux-mêmes et qu’ils soient dans l’impossibilité de se mettre ensemble pour renverser cet ordre hérité de l’enfer colonial.

L’assassinat de tous les chefs historiques de la révolution haïtienne devrait être étudié à la lumière de l’échec de l’État actuel. Eux, les grands chefs, Lamour Derance, Petit Noel Prieur Sans-Souci, etc., ils avaient voulu une vraie rupture. Un autre ordre. Les autres voulaient être reconnus par leur père, être des domestiques, des tenants d’une entreprise dont les propriétaires seraient en Europe. Cela donnait une idée de ce que serait l’Afrique après les indépendances au XXe siècle.

L’activité des dits car-wash entre en droite ligne dans ce mépris qu’on voue aux masses. Les jeunes ont chaud. Chaud de ne pas avoir d’emplois. Chaud de ne pas avoir de loisirs. Chaud de vivre en insécurité permanente. Une chaleur qui est la soif d’un manque voulu, d’un manque planifié. On leur donne de préférence la même pompe à eau qui sert au lavage des voitures. On les chosifie. Avec une musique abrutissante : le rabòday. Ce qui est curieux c’est qu’on occulte tout un pan d’une production de cette même jeunesse : le rap créole. C’est compréhensible. Le rap créole est souvent produit par une frange contestataire de la jeunesse populaire qui ne craint pas de hurler sa douleur, sa frustration et son désir de ramener les pendules à l’heure.

On peut se demander si l’offre de cette sous-culture au rabais est voulue, planifiée, ou démontre la limite de ce que peut produire le cerveau de ceux qui dirigent ce pays ? Alors, il ne faudrait pas parler de méchanceté, mais d’ignorance. De nullité tout simplement. Un professeur émérite mettait déjà en garde, dans les années 80, contre le danger que représentaient cette masse de jeunes aux mains d’un système éducatif inefficient, inadapté, formant visiblement un autre type d’analphabète. 2019 lui donne plus que raison. Et nous en payons les conséquences.

La descente aux enfers c’est quand une nuée de citoyens accusent les intellectuels de tous les maux. Tous les camps ont toujours eu leurs intellectuels. Tout simplement parce que sans idée, sans une certaine maitrise de la pensée, et même le mensonge doit être travaillé, on ne va nulle part. Il n’y a aucun exemple dans l’histoire ou des nuls, des ignorants, des brasseurs, ont mené à bien la barque d’une communauté. On pense peut-être qu’ici on peut inventer un non-sens, introniser par exemple le kokoratisme.

Malheur au royaume où le roi est un enfant, est-il écrit dans les évangiles.

Que ceux qui veulent comprendre comprennent.

Gary Victor



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