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« Te vèvenn ! »

« Te vèvenn ! »








Les infusions de verveine (te vèvenn) deviendront de plus en plus nécessaires à ceux qui observent de près les évènements de la vie politique d’Haïti. Comme le popcorn et le coca-cola au cinéma, cette tisane qui soulage de grands chocs émotionnels finira par entrer dans les habitudes de chaque citoyen préoccupé par l’enchainement des faits qui compromettent la poursuite du bonheur. Jovenel Moïse et ses alliés au Parlement pourront revendiquer la paternité de cette tradition. Reste à savoir s’ils peuvent en être fiers.

Au bout de deux décennies de désacralisation des institutions régaliennes, le pays vit son pire cauchemar. Depuis les élections du 21 mai 2000 en passant par les scrutins de 2006 jusqu’à cette fin de mandat de la 50e législature, Haïti a cheminé lentement et sûrement vers les bas-fonds aux puanteurs extrêmes. L’arrivée, en plusieurs vagues, d’hommes politiques insolites aux plus hautes fonctions constitue la rédaction du triste testament de l’État.

Les présidents qui se sont succédé au Palais national semblent avoir tous suivi un manuel pour être cohérents dans leurs assauts contre le prestige de cette fonction. Car trop souvent, il parait difficile de dire en quoi un chef d’État surpasse son prédécesseur. Aujourd’hui la question la plus sensée qu’un Haïtien puisse se poser concerne la présence ou non des dirigeants à la tête du pays. L’anarchie a atteint un niveau record. L’espoir n’a jamais été aussi rare au sein de la jeunesse. Si Jovenel Moïse a utilisé le slogan « te vèvenn » au cours de sa campagne pour se moquer de ses adversaires, il est évident que les dégâts causés par ses échecs laissent l’ensemble du pays abasourdi et exigent de grandes tasses tous les jours.

Les parlementaires se confondent désormais avec les criminels les plus hideux et ne sont plus « Honorables ». Le respect et la confiance des citoyens envers leurs dirigeants disparaissent aussi vite qu’un bloc de glace sous un soleil brulant. En effet, ces derniers n’en peuvent plus de s’efforcer de singer des hommes d’État. Ce savoir-être leur est totalement étranger.

Ne résistant plus à leur vraie nature, ils dévoilent toute la laideur de leurs visages de gangster. Leurs connexions avec de dangereux hors-la-loi, les atrocités exécutées contre des communautés entières et l’impunité soigneusement entretenue sont des éléments d’un puzzle leur permettant de finaliser un complot contre la nation et les gens de bien en particulier.

L’État est pris d’assaut. Les tisanes ne procurent que des soulagements passagers. Aux grands maux, les grands remèdes !

Aussi longtemps que les consciences tardent à être éveillées pour démasquer le complot des « politiciens hors-la-loi » contre les personnes honnêtes, l’espoir d’un meilleur lendemain n’aura pas bourgeonné. Il faudra, de toute façon, un contre-complot assorti de moyens extrêmes pour briser le cercle vicieux mis en place par les imposteurs. D’ici là, le courage de quelques rares députés et sénateurs restera un grain de sable dans la mécanique, mais trop faible pour arrêter la machine du statu quo.

Kendi Zidor



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