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La poudrière du monde !

La poudrière du monde !








Les nouvelles ne sont pas bonnes, d'où qu'elles viennent. Dans les salles de rédaction du monde entier, c'est un peu la consternation. Les tueries de Dayton et d'El Paso du week-end dernier ayant fait 31 morts et une cinquantaine de blessés ont soulevé la conscience des leaders démocrates aux États-Unis et dans le monde entier sur le problème du racisme made in USA. Ce qui se passe dans le plus puissant pays du monde ne doit pas être pris à la légère d'autant plus que ces tueries racistes perpétrées sont accompagnées de manifestes idéologiques les justifiant. Comme c'était le cas de l'attentat de Christchurch en Nouvelle-Zélande en mars 2019. Ceux qui commentent ces actes répréhensibles se croient donc investis d'une mission sacrée, celle de protéger l'Amérique contre des envahisseurs venus d'Amérique centrale.

Depuis quelques années, se développe une théorie sordide et dangereuse : celle du « grand remplacement » dont le Français Renaud Camus s'en fait le chantre dans un ouvrage paru sur le thème. Cette étrange « idéologie » basée sur la « défense de la race blanche » fait des ravages dans les « têtes brûlées » en Amérique comme en Europe. Des milices de suprémacistes blancs s'arment et s'entraînent pour cet « jihad » à l'américaine. Un « jihad » qui se retournerait contre leurs propres compatriotes à la peau plus sombre. Et même après deux nouvelles tueries de masse, le président états-unien a préféré blâmer l'Internet, les jeux vidéo et les maladies mentales plutôt que les armes à feu. Pour dire tout le danger qu'une telle situation représente.

Les récentes déclarations du chef de l'exécutif américain contre les immigrants venus d'Amérique centrale sont autant de mèches allumées dans un pays au climat social volatile. Le cas de se demander même si les propos de Donald Trump déplorant lundi les crimes haineux et racistes du week-end, ne sont pas venus un peu trop tard.

L'élection il y a quelques années de Barack Obama est intimement vécue par des ultra-conservateurs comme un vaste complot d'un prétendu « système post-moderne » qui viendrait balayer toujours l'« idéal ségrégationniste » de l'ancien sénateur Barry Golwater.

Aujoud'hui, l'Amérique est à la croisée des chemins. Les abus de policiers lors d'arrestations de jeunes Noirs rappellent les chasses à courre du Moyen-âge ou les saisies du « corps noir » qu'ont dénoncées des auteurs comme Tanaeshi Coates ou le romancier haïtien Jean Claude Charles.

À un moment où la chaîne de télévision américaine CNN annonce le décès de la poétesse et militante noire américaine Toni Morisson (88 ans), la plus grande puissance du monde a besoin d'une révolution morale et politique. Un « leve kanpe », une levée de boucliers, qui va au-delà de simples dénonciations et qui serait une véritable remise en ordre des valeurs essentielles d'une Amérique qui, à certains moments de l'histoire, a su incarner une certaine espérance.

Toujours en Amérique, le président brésilien Bolsonaro ne fait pas dans la dentelle quand il s'agit d'abattre les arbres en Amazonie ou les « délinquants » des favelas. Un discours aux accents musclés et guerriers, venu d'un autre âge. Il ne rate pas une occasion pour faire l'éloge des « temps bénis » de la dictature, où les pouvoirs du caudillo n'étaient nullement limités par un congrès. Ces dernières heures, le pays vit des temps sombres où l'homme fort de Brasilia est comparé au mythique vampire Nesferatu.

L'Asie-pacifique n'est pas en reste. Kim Jong Un recommence à jouir de ses fusées comme des feux d'artifice et les États-Unis menacent de déployer des missiles intermédiaires dans le Pacifique. Les Chinois sont sortis cette semaine de leurs réserves et parlent ouvertement de leur puissance militaire. Jusqu'ici, Beijing refusait de montrer ses muscles et se contentait de représailles commerciales à chaque mesure économique conservatrice de l'administration Trump. Maintenant, la nouvelle puissance mondiale montante entend passer à une vitesse supérieure.

Les bruits de bottes se font entendre un peu partout. Le Cachemire, pomme de discorde entre l'Inde et le Pakistan, ravive les tensions entre les deux puissances nucléaires régionales.

Depuis que le président Trump a déchiré la vieille grammaire des relations internationales, nous assistons à une nouvelle montée des périls. Désormais sans langue de bois, les puissants de ce monde nous promettent l'apocalypse. Le seul obstacle à cette nouvelle folie planétaire demeure la destruction mutuelle assurée.

Roody Edmé



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