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Salmannaza

Salmannaza








Salmannaza ! Un mot de notre créole qui traduit bien ce chaos, ce désordre, cette folie dans laquelle une clique de brasseurs et de voyous ont plongé ce pays. Nous ne commettrons pas l’erreur de tout mettre sur le dos de l’administration actuelle. Cette dernière n’est que l’aboutissement, la quintessence de ce que ce pays peut produire d’ignorants, de voyous. Wòch nan dlo pra l konn doulè wòch nan solèy avait dit un dirigeant de triste mémoire. Les wòch nan solèy sont toujours là où ils sont. Ils sont même plus nombreux. Mais beaucoup de ces wòch nan solèy se sont faufilés en douce vers l’eau pour se la couler douce et oublier toutes les belles paroles avec lesquelles ils pouvaient embobiner le peuple. Depuis, on n’a eu qu’une valse d’imposteurs qui ont dans un premier temps plongé fin 90 début 2000 le Parlement dans la bêtise jusqu’à avoir ce que nous avons aujourd’hui. Encore qu’il ne faut pas seulement indexer les imposteurs. Il faut aussi que nous fassions notre mea-culpa, nous tous qui sous prétexte que la politique était sale, dangereuse, avions abandonné le terrain à la lie de ce pays, une lie qui a au moins cette qualité d’être opportuniste, audacieuse, aventureuse.

Beaucoup ne se rendent pas compte de ce salmannaza dans lequel nous sommes embourbés. Des quartiers quadrillés par des gangs armés et financés par une mafia composée de politiciens et d’hommes d’affaires, une justice pourrie jusqu’aux os, une police qui peine à faire son travail tellement elle est travaillée au corps par cette même mafia, et une communauté internationale qui, attachée seulement à la forme, accepte de travailler avec des bandits parce que malheureusement, moins de 10 % de l’électorat a donné son vote à des gens qui pour la plupart ne devrait pas être au Parlement ou au Palais national.

Salmannaza simplement si on se tient à la forme à laquelle tient tant nos amis étrangers. Si le président mourrait d’un AVC par exemple – on ne pense pas qu’il est menacé d’un tel accident, car le pays ne semble pas être, pour lui, un souci- qui prendrait les rênes du pouvoir ? Selon la Constitution amendée en son article 148 il est dit : « Si le président se trouve dans l’impossibilité temporaire d’exercer ses fonctions, le Conseil des ministres sous la présidence du Premier ministre, exerce le pouvoir exécutif tant que dure l’empêchement. » L’article 149 continue ainsi : « En cas de vacance de la Présidence de la République soit par démission, destitution, décès ou en cas d’incapacité physique ou mentale permanente dument constatée, le Conseil des ministres sous la présidence du Premiers ministres exerce le pouvoir exécutif jusqu’à l’élection d’un autre président ».

Le problème, c’est que nous avons un cabinet ministériel qui date encore de Céant. Un Premier ministre nommé démissionnaire jamais ratifié avec son cabinet. Un autre Premier ministre nommé avec, bien sûr, son cabinet. Dans ce fouillis, qui expédie les affaires courantes ? Deux Premiers ministres nommés, semble-t-il, profitent des largesses de l’État. Bref ! Nou pran nan yon salmannaza.

Au Parlement, séance de mise en accusation du Président. Une assemblée constituée en majorité de brasseurs, d’opportunistes, peut-elle arriver à se saborder en destituant Jovenel Moïse ? Et puis, nous sommes dans un pays où on oublie tout. Sur cette Constitution dite amendée pèsent de lourds soupçons. Il serait un faux produit par des imposteurs. Les minutes d’une séance cruciale auraient disparu. Dans un pays normal, la justice aurait dû diligenter depuis longtemps une enquête.

Pendant ce temps, les habituels flibustiers ratissent tout.
Salmannaza !

Gary Victor



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