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Une armée controversée

Une armée controversée








La remobilisation de l’armée fait partie des projets sur lesquels le président Jovenel Moise n’a pas envie de dialoguer pour savoir comment avancer. Alors que la Police nationale est à genoux face aux gangs propulsés par des mains puissantes, un embryon de l’armée fait son apparition. Plus d’une vingtaine d’officiers, une cinquantaine de sous officiers et près de 250 soldats ont été gradués le mercredi 14 aout à la base militaire Anacaona en présence du chef de l’État qui se réjouit de satisfaire à la fois une promesse de campagne et une exigence constitutionnelle.

Le projet qui consiste à remobiliser l’armée d’Haïti, en dépite son importance historique, n’est malheureusement pas le genre de question qui récolte une forte adhésion au sein de la société civile. Après les multiples événements qui ont mis à nu l’absence de leadership des autorités en place, cette nouvelle version des FAd’H fait craindre des scénarios aussi dangereux que celui d’un enfant qui attrape une lame tranchante. Qui pis est, les informations sur l’orientation de la cette armée en gestation et ses implications sur la vie des communautés restent le secret bien gardé d’une clique. L’histoire ayant provoqué la dissolution des FAd’H justifie des doutes légitimes.

Malgré qu’il soit ce « chef suprême » qui croit pouvoir résoudre tous les problèmes du pays rien avec des promesses, Jovenel Moise n’aura pas le temps de mettre en place une vraie armée d’ici la fin de son mandat. L’échec de son projet de courant électrique 24/24 devrait lui apprendre que les discours ne remplacent pas la réalité. Par conséquent, il devrait recueillir un minimum de consensus afin de garantir la pérennité de son initiative. D’autant que les circonstances qui détermineront son avenir et sa succession sont de plus en plus confuses.

Il reste évident que l’armée a toute sa place face aux multiples risques qui menacent la sécurité du territoire. Mais il est difficile de démontrer, au milieu de la crise financière actuelle, en quoi ce projet peut constituer une priorité nationale. En déclarant: « la remobilisation des Forces armées d’Haïti est plus qu’une promesse de campagne, c’est une exigence constitutionnelle et une nécessité historique », Jovenel Moise, ne laisse-t-il pas comprendre qu’il essaie davantage de satisfaire son égo au lieu de se mettre au service d’une cause utile? Jusqu’où peut-il arriver?

L’armée ne vaudra pas grand’chose dans un pays où les fonctions de police ne sont pas assurées. La sécurité du territoire ne saurait se détacher complètement du droit à la libre circulation des biens et des personnes. Une armée forte et légitime ne nait pas dans un pays déjà assiégé par des hors-la-loi. La remobilisation des FAd’H par des autorités soupçonnées d’être de connivence avec des bandits et trafiquants de toutes sortes est un danger qui accroit la menace quotidienne à laquelle les Haïtiens sont exposés tous les jours. Les citoyens qui peuvent encore revendiquer leur appartenance à la frange saine de la société ont le devoir de veiller à ce que de telles mises en place ne soient pas le prétexte qui cache les intentions de la nouvelle classe de vautours politiques et des imposteurs acquis à leur cause.

Kendi Zidor



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