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Il faut vider la poubelle

Il faut vider la poubelle








Des policiers qui se canardent pour une dispute dont l’origine est une ration de pikliz demandée au comptoir d’un restaurant ! Fait divers ? On en connait quelques-uns. Mais est-ce un fait divers ? Il y a dans ces incidents certainement la conception dévoyée de l’autorité, du chef chez nous. On peut se demander que font de tels individus dans les rangs d’une police nationale. A-t-on fait passer des tests psychologiques aux postulants policiers à l’Académie de police ? Dans un pays où la conception de l’autorité est aussi faussée, ou trop de personnes ont accumulé en eux des tonnes de frustration, on ne saurait intégrer l’Académie de police sans test psychologique. Mais il y a une autre manière de voir la police qu’on discute derrières les rideaux, jamais en public. Il faudrait des malfrats pour lutter contre les malfrats. Qui ne connait pas l’histoire de Vidock, cet ancien forçat devenu un policier très connu en France, très efficace dans la traque des hors la loi ? Encore que s’il fallait des malfrats aux ordres de la loi pour combattre les bandits, des institutions solides sont plus que nécessaires pour tenir les chiens en laisse . Des institutions solides nous n’en avons pas. Nos malfrats dans la police ne font que jouir de ces privilèges de chef haïtien avec en prime des avantages quand on se fait hommes de main des politiciens. Ces malfrats dans la police n’ont jamais servi à rien. Les bandits légaux ne traquent pas les bandits illégaux. Chez nous, bandits légaux et bandits illégaux ne sont que des concepts flous, la frontière entre les deux étant plus que poreuse pour ne pas dire inexistante.

L’attitude de certaines autorités en possession d’une arme, d’un véhicule avec immatriculation service de l’État ou officiel nous fait bien comprendre que le macoutisme ne peut être attribué seulement à Duvalier. Dans la matière grise de nos compatriotes, il y a quelque chose de vicié fondamentalement et des psychologues, des psychiatres, des sociologues devraient se pencher sur cette névrose pour à la fois bien l’étudier et trouver les remèdes à ce mal qui nous ronge.

La question à laquelle on devrait répondre par exemple est celle-ci : quelle fierté y a-t-il ici à être chef, c’est-à-dire en position d’autorité ? Le chef dans son véhicule sur la route du Canapé-Vert que ressent-il quand il voit ces constructions sommaires sur la montagne ? Peut-être ne les voit-il même pas, ce qui est pire. On aurait dû avoir honte d’être en position de pouvoir en Haïti. On aurait dû se dépêcher de se donner bonne conscience en pensant des programmes pour au moins atténuer la laideur, la précarité des choses. Mais nos hommes et nos femmes en position de pouvoir sont toujours enfermés dans un kokoratisme qui mérite d’être médicalement étudié. L’exemple le plus frappant est ce qu’on nomme pompeusement Théâtre national en Haïti. Certains ne comprennent pas le symbolisme. Dans n’importe quel pays il y a des espaces où sont montrées la beauté et l’excellence d’une nation. Chez nous ce lieu est presque dans un ravin, dans la boue et tous nos chefs d’État, prisonnier de ce kokoratisme n’ont jamais compris cela.

Il en est de même de ces drapeaux qui flottent. Archahaie. Cité du Drapeau. Il faut voir les drapeaux qui flottent dans cette ville. Le summum du kokoratisme. Même pour des torchons on hésiterait à s’en servir.

Pendant ce temps des parlementaires, des politiciens veulent devenir multimillionnaires dans la boue. C’est le fer de lance du kokoratisme. Ainsi, une nuée de jeunes veulent suivre l’exemple de l’enrichissement facile dans la crasse.

Pour tous ces gens, le mot si connu chez nous devrait être, non pas, pito nou lèd nou la, mais, pito nou lèd ( nou kokorat) nou gen kòb.

Il faut vider la poubelle et vite !

Gary Victor



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