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Le marché de la corruption

Le marché de la corruption








La corruption, cette grande épidémie qui met à mal le pays, s’est propagée à un rythme vertigineux dans toutes les sphères de l’administration publique haïtienne avec des relais dans le privé. C’est devenu un marché florissant alimenté par les milieux des affaires et de la politique. De nos jours, la volonté de corrompre ou d’accepter d’être corrompu tend à s’installer chez l’Haïtien comme la norme.

Véritable frein au développement socioéconomique, la corruption dans ses différentes manifestations (détournement de fonds, contrebande, népotisme, blanchiment des avoirs, enrichissement illicite, etc.) est devenue plus inquiétante lorsqu’elle semble s’institutionnaliser. Des institutions de contrôle comme le Parlement, la Cour des comptes, UCREF, ULCC fonctionnent au rabais et sont souvent soupçonnées dans des actes assimilables à la corruption.

Le Parlement, institution de contrôle consacrée par la Constitution, se trouve souvent sur le banc des accusés par le biais des élus malhonnêtes. Depuis quelque temps, le Bicentenaire est devenu un grand marché où toutes sortes de négociations malhonnêtes sont possibles. C’est donc un territoire fertile aux activités lucratives de la corruption.

Récemment, Jean Gabriel Fortuné, avait étalé au grand jour le fonctionnement du marché de la corruption au Bicentenaire. Tous les votes sont payants, expliquait-il. Pour, contre, abstention. Les parlementaires de toutes les tendances se sont prêtés à cette pratique.

Se faire payer pour voter n’est pas la seule forme de manifestation de la corruption au Parlement. Certains « honorables » bénéficiant de la confiance des autres s’adonnent à détourner des fonds alloués au budget du Parlement.

Après le scandale faisant croire que la Chambre des députés aurait dépensé du Trésor public près de 152 millions de gourdes (l’équivalent de deux millions cinq cent mille dollars américains) pour l’approvisionnement en eau et en café pour seulement une période de trois mois, le sénateur et l’actuel questeur du Nord-Ouest, Onondieu Louis, semble être dans de beaux draps selon un rapport du Bureau des Affaires financières et économiques relayé par la Fondasyon Je Klere.

Le nom du sénateur Louis est cité dans une vaste opération de détournement de fonds publics, de blanchiment des avoirs, d’enrichissement illicite et d’association de malfaiteurs, selon le rapport du BAFE adressé au commissaire du gouvernement de Port-au-Prince consécutif au coup de filet de la DCPJ dans une banque commerciale à Pétion-Ville en date du 6 août 2019.

Le sénateur Louis n’est pas le premier à être indexé dans des activités de corruption. Des soupçons ont pesé sur d’autres questeurs avant lui. Mais, dans son cas, le BAFE a bien documenté son implication présumée dans cet acte de corruption liant des employés du Sénat de la République y compris l’agent de sécurité du sénateur-questeur.

La mauvaise utilisation des maigres ressources financières du pays demeure l’une des causes de cette misère abjecte dans laquelle végète la population. La corruption est donc un crime qui mérite d’être condamné d’où qu’elle vienne.

L’État, pour pouvoir répondre aux besoins pressants du peuple haïtien, doit se démener pour fermer la vanne de la corruption. Tout au moins, réduire le débit de cette vanne. Les institutions chargées de collecter les taxes et impôts ne sont pas en odeur de sainteté. La DGI et la Douane doivent consentir encore des efforts.

Les informations disponibles ont laissé croire qu’annuellement, le manque à gagner, pour l’État haïtien sur les échanges terrestres en Haïti et la République dominicaine, représente au moins 450 millions de dollars américains évaporés dans des opérations de contrebande.

La corruption a causé beaucoup de tort au pays. Pire, elle semble être institutionnalisée. Combien de ressources, pouvant servir aux activités de développement, sont-elles volatilisées dans des opérations de détournement, d’enrichissement illicite et de blanchiment ? Combien de milliards ont été gaspillés sans réaliser rien de concret au profit de la population ? Que d’opportunités perdues pour relancer le pays sans la corruption !

Il y a lieu de rappeler qu’en moins de dix ans le pays a gaspillé plus dix milliards de dollars. Les 6 milliards du fonds de la reconstruction d’Haïti, les 4.2 milliards de Petrocaribe sans compter les quelques milliards du budget national. La lutte contre la corruption doit être celle de toute la nation, surtout les marginalisés qui sont trop souvent victimes des puissants qui contrôlent ce marché lucratif que représente la corruption en Haïti.

Noclès Débréus



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