S'identifier Contact Avis
 
25° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video
La faute de l'autre

La faute de l'autre








En Haïti nous cultivons cette mauvaise manie de nous déresponsabiliser et de rejeter nos errements, nos fautes sur les autres. On cherche toujours des boucs émissaires pour se dédouaner. C'est toujours la faute de l'autre, car on n'est jamais responsable de rien.

Cette attitude à fuir ses responsabilités tend à s'installer en système dans la gestion de l'État. Depuis l'arrivée de Jovenel Moise au timon des affaires, les erreurs flagrantes et les approximations dans la pose de ses actions sautent aux yeux. Ce constat aurait pu être moins accablant si la présidence avait assumé sans chercher à faire porter la somme d’échec du président de la République à des tiers.

L'insécurité grandissante, l'inflation galopante, la dépréciation accélérée de la gourde, la corruption érigée en système, l’absence trop longue de gouvernement légitime, la crise institutionnelle, la misère abjecte sont en tête de liste des manquements. Le constat d'échec est parlant à tous les points de vue. Le pouvoir de Jovenel Moise, intronisé en février 2017, n'a pas réussi à faire bouger le pays d'un iota en deux ans et demi de gouvernance. La Caravane du changement, programme phare du régime rose deuxième version, n'a pas donné les résultats escomptés et se disparait dans l'opinion comme un brouillard surpris par le soleil.

La misère du peuple haïtien n'a cessé de croitre à un rythme exponentiel. De février 2017, date de l'investiture du président Moise, à ce jour, l'inflation est passée de 13 à 19.1 % et la gourde s'est beaucoup dépréciée en passant de 67 à 95 gourdes pour un dollar américain. En deux ans, le coût vie a pris l’ascenseur alors que les Haïtiens sont devenus plus pauvres. Tout ceci n'est autre que les conséquences des décisions approximatives du régime en place.

Sous la présidence de Jovenel Moïse, le phénomène des gangs armés a gagné de nouveaux territoires et leurs chefs sont devenus arrogants au point qu'ils s'exposent sur les réseaux sociaux et interviennent dans des émissions à grande écoute sans aucune inquiétude. Les principales rentrées de la capitale sont livrées à des bandits qui dictent leurs lois. La situation qui règne à Martissant inquiète plus d'un et devient un véritable défi pour les forces de l'ordre. Surtout en cette période de réouverture des classes déjà marquée par une crise économique sévère.

Hormis la misère et l'insécurité, la corruption devient aussi l'un des maux qui rongent le pays. Le président de la République, sa femme, ses proches et ses alliés au Parlement ne sont pas en odeur de sainteté dans l'opinion tant qu'ils sont l'objet, à tort ou à raison, de soupçons dans des scandales allant de corruption au crime de sang.

Le tableau de la réalité haïtienne actuelle parait vraiment sombre. Les multiples crises qui dominent le quotidien des Haïtiens, conséquences de la mauvaise gouvernance alliée à l'incompétence du régime en place, sont très loin d'être résolues. Et ce n'est pas un gouvernement, monté sans le consensus nécessaire, qui changera la donne. D’ailleurs, rien ne dit qu’il aura les coudées franches.

L'heure est, aujourd'hui, à l'examen de conscience. Le secteur privé des affaires, le pouvoir, la classe politique et la communauté internationale, chacun, en ce qui le concerne, a sa part de responsabilité dans cette descente aux enfers. Il faut cesser de designer l'autre comme seul responsable de la déroute du pays. Les puissants du secteur des affaires, véritables maitres du jeu, qui manipulent tous les pouvoirs depuis la nuit des temps, doivent dresser leur bilan. Que font-ils pour aider ce pays qui leur a tout offert?

La Constitution, en son article 136, a fait du président de la République le garant de la bonne marche des institutions. Aujourd'hui, le constat est clair. Le pays n'est pas dirigé. Le moment est venu pour le président de la République de se montrer à la hauteur de ses missions constitutionnelles pour commencer à diriger, comme l’avait suggéré la dernière mission très controversée de l’OEA . Le président doit faire son bilan et déterminer ses responsabilités au moment où la barque nationale prend de l’eau.

La faute ne peut plus être attribuée à l'autre. C’est irresponsable, incompétent et enfantin.

Noclès Débréus



Articles connexes


Afficher plus [918]