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Pito nou lèd nou la!

Pito nou lèd nou la!








La pénurie d’essence que connait le pays depuis quelques jours et qui risque de perdurer démontre encore une déficience flagrante de gouvernance que ne devraient pas accepter les citoyens s’ils n’étaient pas englués comme dans une acceptation métaphysique d’un chaos installé. Sous l’œil des caméras, le président de la Chambre des députés s’est glorifié de son parcours alors que la nation entière chahute une assemblée qui a démontré son mépris total des citoyens, des parlementaires ne s’étant souciés que de faire du chantage pour gonfler leur compte en banque. On a eu des témoignages de députés qui ont avoué vouloir être aussi riches que des grands hommes affaires de la place seulement en marchandant leurs votes à un pouvoir décidé lui aussi à tout faire pour rester en place uniquement pour profiter.

Le spectacle dans les pompes à essence est souvent désespérant. Mais, tout est désespérant dans ce pays, sauf que les citoyens font preuve d’une résignation qu’on ne verrait nulle part ailleurs. Cela peut être aussi de la lâcheté. On peut faire référence à ce fameux "pito ou lèd nou la". Les gens sont dans leur misère, dans leur crasse. On leur crache dans la bouche. On les encule. Mais on ne fait que se plaindre. Les invectives lancées aux autorités en place restent au stade d’invectives. Penser ensemble, s’unir, pour monter l’assaut de la citadelle de la bêtise, de la corruption, semble plus que difficile. La méfiance tue beaucoup de tentatives dans l’œuf. Pendant ce temps, des théoriciens improvisés de la révolution critiquent toutes les prises de position visant à raviver la participation citoyenne alors qu’eux, jamais, ils ne monteront en première ligne pour donner l’exemple de la lutte violente qu’il prône.

Pourtant de violence, nous en avons besoin. Violence contre notre torpeur. Violence bien ciblée, bien pensée contre ceux qui violentent cette nation et qui ne craignent pas, avec une arrogance sans pareille, de se glorifier de leur satrapie. Violence pour arracher de la conscience de ce peuple ces fatras qui l’abêtissent, qui le zombifient, qui lui font prendre sa misère comme un cadeau de Dieu. Il faut qu’on fasse comprendre à la population que lè ou lèd ou paka la. E lè ou lèd ou paka okenn kote. On n’a pas le droit de se courber ni devant le mépris, ni devant la misère, ni devant l’exploitation. Un homme se bat pour sa dignité. Pour qu’il soit reconnu comme un être humain. On ne peut pas se laisser ravaler au stade de la bête et croire qu’on existe en tant qu’être humain.

Et c’est ce que ce pouvoir et tous ceux qui le soutiennent veulent en fin de compte. Faire de ce pays l’aboutissement le plus parfait d’un système d’apartheid qu’on avait cru affaissé depuis les révolutions occidentales, la révolution haïtienne et plus tard les révolutions russes et cubaines entre autres. Sauf que cette tentative de génocide en douceur ne devrait pas aboutir. Il faut quand même de l’intelligence pour un tel plan. Ils n’ont que des brasseurs qui ne pensent qu’à leur portefeuille. Les zombis par la force des choses devront bien se réveiller un jour et ceux qui critiquaient les violences des mois passés comprendront alors que ce n’était qu’une douce brise annonçant le passage de l’ouragan.

Quand on brûlera le "pito nou lèd", le "nou la" prendra alors sa vraie signification.

Gary VICTOR



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