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Partez et ne revenez plus !

Partez et ne revenez plus !








À l’instar des chrétiens qui, cinquante jours après la Pâque, célèbrent la Pentecôte, les citoyens haïtiens ont de quoi se réjouir de la fin du mandat de la cinquantième législature. Si dans la tradition biblique cette fête symbolise le retour de l’Esprit-Saint de Jésus après la résurrection, il est ici souhaitable que le Parlement haïtien, après avoir connu le plus grand déshonneur ces dernières années, entre dans une nouvelle ère. Car cette institution si vitale pour la démocratie ne peut plus être dégradée par des usurpateurs.

Les députés et sénateurs, complices de la mauvaise gouvernance qui a fini de ronger les maigres ressources de l’État et amener le pays au bord de l’effondrement ont, dans leur abrutissement, rasé les vestiges de l’honorabilité du corps législatif. Les uns, parfaits ignorants, et les autres, accusés des pires exactions. Cette meute s’est surtout distinguée par son agilité à conclure des deals qui mènent vers l’argent facile. Pourtant très peu de chantiers législatifs ont été visités au cours des dernières années par les « Princes du bord de mer » qui laissent une note salée à l’ensemble de la nation.

En effet, les épisodes de cette législature lèvent le voile sur l’escroquerie subie par la population haïtienne qui ne cesse d’attendre de meilleures conditions de vie. En plus de n’avoir jamais levé le petit doigt contre l’injustice perpétuée par les budgets qui consacrent pratiquement tous les avantages aux dignitaires et fonctionnaires au détriment de la majorité, ces parlementaires se sont absentés à chaque fois qu’il fallait poser un acte contre le statu quo. Pire encore, ils ont, pour la plupart, choisi de ramper dans les couloirs du Palais national au lieu d’embrasser les revendications de leurs mandants. Sans compter ceux dont les noms sont associés à des trafics illicites et des scandales criminels. Le Parlement a touché le bas-fond.

Désormais, les députés ne pourront siéger que dans le cadre d’une session extraordinaire. Ils seront partout à travers le pays à préparer leur réélection, usant pour la plupart de moyens puisés du trésor public. D’ailleurs, dans son discours à l’occasion de la séance en Assemblée nationale du lundi 9 septembre 2019, le président Carl Murat Cantave, leur a souhaité du succès. La nation va-t-elle encore assister, impuissante, au triomphe de la médiocrité, de l’argent sale et du crime ?

Partez et ne revenez plus ! Cette phrase ne doit pas être le cri du citoyen dont la voix reste encore étouffée par le vacarme des artisans de l’escroquerie anti-peuple. Les slogans subversifs contre le Parlement qui se sont multipliés ces derniers temps soulignent la nécessité d’une réforme qui ne doit plus attendre. En attendant que l’imbroglio électoral se pointe, ajuster à la fois le profil du parlementaire haïtien et la configuration du corps législatif est un sujet que les élites doivent aborder sérieusement. Pour arriver à des conclusions consistantes, il faudra un plan ingénieux qui puisse éventuellement impliquer un pacte extraconstitutionnel. Que la cinquante-et-unième inaugure l’ère à venir.

Kendi Zidor



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