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Que valent les actes de Jean Michel Lapin ?

Que valent les actes de Jean Michel Lapin ?








Depuis le 22 juillet, la République se paie le luxe d’entretenir deux Premiers ministres. L’un, Jean Michel Lapin, démissionnaire, occupe encore la résidence officielle réservée aux chefs de gouvernement, alors l’autre, Fritz William Michel, fraichement nommé, s’est contenté du confort d’un hôtel premium de la capitale aux frais de la République. Bien entendu, il dispose d’un secrétariat, de conseillers, d’un porte-parole qui sont aussi pris en charge probablement par le Trésor public au même titre et dans les mêmes conditions que ceux de Jean Michel Lapin.

Il s’agit évidemment d’un cas de gaspillage pour le pays le plus pauvre du continent américain de pouvoir prendre en charge deux Premiers ministres depuis deux mois. Le pire dans cette histoire est que les deux Premiers ministres qui contresignent avec le président de la République sont en situation irrégulière au regard de la loi et de la Constitution. Le Premier ministre nommé Fritz William Michel agréé par la Chambre des députés attend toujours le verdict du Sénat dans sa course vers la Primature. Au nom du principe de la double légitimité (tirée du président de la République et du Parlement) dont sont investis les Premiers ministres, cette étape (celle du Parlement) est cruciale pour briguer la fonction de Premier ministre.

En ce sens, l’invitation faite au président de la République à installer Fritz William Michel à la Primature sans la ratification du Sénat ne peut pas être une bonne idée, car le processus risque de basculer dans l’inconstitutionnalité et provoquer une crise de légitimité. Surtout les derniers scandales de corruption qui éclaboussent l’image du Premier ministre nommé lui posent des embuches d’ordre éthique et moral dans sa marche vers la Primature.

Contrairement à Fritz William Michel, le PM démissionnaire Jean Michel Lapin n’a pas eu la bénédiction d’aucune des deux chambres. Sa ratification a été, à deux reprises, boycottée au Sénat par les sénateurs de l’opposition. Appelé en remplacement de Jean Henry Céant en mars 2019 pour expédier les affaires courantes comme Premier ministre ad intérim et au terme du mois d’expédition des affaires courantes conformément à la Constitution (art.165), Jean Michel Lapin a été confirmé à son poste par le président de la République.

Confronté à l’adversité des 4 sénateurs et pour faciliter le dénouement de la crise, Jean Michel a remis sa démission au président de la République qui l’a acceptée en nommant Fritz William Michel comme nouveau Premier ministre. La démission présentée et acceptée par le président a ainsi mis fin à la mission du gouvernement conduit par Jean Michel Lapin qui n’a plus de légitimité ni de provisions légales et constitutionnelles pour continuer d’engager l’État. Pour certains futés en droit, au lendemain du lundi 22 juillet, date de sa démission, les actes posés par Jean Michel Lapin sont nuls et non avenus.

Cette semaine, le pays a connu un nouvel épisode de « lock » provoqué par la rareté du carburant sur le marché. Et, depuis bien des semaines, le débat se tournait sur un éventuel ajustement des prix des produits pétroliers. Le Premier ministre démissionnaire, Jean Michel Lapin, en conférence de presse, s’est exprimé sur la nécessité d’ajuster à la pompe les prix du carburant. À cette phase des débats, plus d’un se demande si Jean Michel Lapin, du haut de son statut de PM démissionnaire, peut engager l’État dans une telle décision avec toutes les conséquences qui pourront en découler. La décision d’augmenter les prix des produits pétroliers ne devrait-elle pas être celle d’un gouvernement légitime qui, selon ses marges budgétaires et en rapport avec ses besoins d’investissement, pourrait recourir à cette mesure extrême sur un produit stratégique en cette période de crise aiguë ?

La question de légitimité parait fondamentale, lorsqu’on sait qu’il n’a jamais obtenu la bénédiction du Parlement et que sa démission a été acceptée par le président qui s’était empressé de choisir Fritz William Michel comme le nouveau chef devant conduire la barque gouvernementale.

La confusion est totale et elle risque de coûter cher à la République.

Noclès Débréus



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