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Rebattre les cartes

Rebattre les cartes








Le président Jovenel Moise a posé, aux premières heures du 25 septembre 2019, le seul acte qui semble pouvoir le convaincre qu’il est encore aux commandes de la nation : discourir. Son intervention a au moins fait croire qu’il est revenu de son voyage sur Mars. Mais il n’a toujours pas appris que le pays s’est littéralement effondré en son absence.

Totalement déconnecté de la réalité des rues, le chef de l’État s’est adressé à la nation depuis la bulle où il s’installe confortablement depuis un certain temps. Passant sous silence la crise de l’essence et son leadership opaque, causes du nouveau lockdown qui bat des records, il a préféré accuser ses adversaires de « violences politiques » et sortir son incontournable refrain de dialogue. Au cas où il ne l’aurait pas remarqué, les ruses qui lui offraient une échappatoire à chaque crise ne marchent pas toujours.

Sans l’allusion à l’avortement de son voyage à l’ONU, on aurait cru que l’intervention de mercredi matin datait du 1er janvier 2019. Quoiqu’il ait déjà épuisé son capital de confiance auprès de la population, le président n’a rien sorti de cohérent qui pourrait lui valoir un bénéfice du doute. Le pauvre Jovenel Moise, pris au piège de son entêtement à ignorer tous ses vis-à-vis, n’a rien annoncé du tout. Son égo l’a toutefois fait dire qu’il ne fuirait pas des responsabilités qu’il n’a pas encore appris à connaitre. Non, il ne les connait pas. Sinon, il aurait cessé de polémiquer pour prendre de bonnes décisions capables d’arrêter l’escalade qui fait pleurer des larmes et du sang à la nation entière.

S’il est vrai que l’absence de l’avant-garde éclairée que devait constituer l’opposition politique représente, jusqu’ici un avantage pour le président et sa clique, il est aussi vrai que le pouvoir en place a réussi, au cours de ces derniers mois à éveiller le peu d’indignation qui restait aux Haïtiens. Les solutions cosmétiques, les promesses d’assistance sociale et les changements au sein du gouvernement semblent laisser indifférents des citoyens qui engraissent des autorités qui en retour leur crachent dessus. Il faut définitivement rebattre les cartes!

Contrairement aux crises précédentes qui ont conduit à la nomination de nouveaux Premiers ministres, celle-ci laisse peu de marge aux manoeuvriers de l’administration en place. L’impasse de la ratification d’un nouveau gouvernement diminue le nombre de pions à déplacer. Jovenel Moise va-t-il enfin dialoguer à propos des alternatives qui lui restent. Souhaitons-lui qu’il trouve encore des interlocuteurs.

Kendi Zidor



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