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Paradoxes !

Paradoxes !








Les paradoxes qui ponctuent les événements sociopolitiques en Haïti sont nombreux et déroutants. Tant au sein de la classe politique que parmi les simples citoyens, la logique qui génère les comportements est souvent difficile à établir. De même que dans certaines circonstances on se plait à faire beaucoup de bruit pour rien, l’indifférence face au danger est assez courante. Le pays nage dans des contradictions qui ne manquent pas de l’éloigner de la modernité.

Les moments de crise et de tension révèlent à quel point les réflexes politiques peuvent être grossiers. Les troubles que connait le pays depuis mi-septembre étaient évitables. Les autorités, si on doit toujours les appeler ainsi, étaient prévenues au sujet d’un risque d’éclatement populaire qu’elles ne cessaient de minimiser. Aveuglés par leur égo et leur avidité, les tenants des pouvoirs n’ont pu désamorcer cette bombe. Aujourd’hui le bilan non exhaustif des dégâts causés par ce soulèvement a atteint des records à tous les points de vue. En plus des chiffres qui s’aggravent dans l’économie, la perte de motivation parmi les socioprofessionnels, risque de provoquer une longue baisse de productivité dans les prochains mois.

Le pays est devenu une savane où gouverne seule la fureur du vent. Une nouvelle année fiscale a débuté sur fond de confusion. Pas de budget ni d’objectif économique à atteindre. Les dirigeants, les mêmes qui jurent de rester à leurs postes, font comme si rien de grave ne s’est produit juste pour éviter de reconnaitre leur incompétence. La preuve, des ministres intérimaires ont été installés ces dernières 48 heures sous le parapluie d’un Premier ministre démissionnaire. De nouveaux grands commis qui prennent des engagements qu’ils sont sûrs de ne pas pouvoir respecter, vu l’instabilité grandissante de la conjoncture.

Les tentatives du président Jovenel Moise en faveur d’un dialogue avec l’opposition sont en train d’échouer. Mais cela ne l’empêche pas de souffler après des journées d’incertitude. Car la tension a baissé d’un cran suite à l’intervention de représentants de la communauté internationale qui n’approuvent pas l’idée de sa démission. Doit-on comprendre que le débordement de colère, qui a secoué des villes entières et paralysé tous les secteurs d’activité, était astreint à une sanction du Core group ? Dans ce cas, le concept de « peuple souverain » serait vidé de tout son sens.

Une fois de plus, les Haïtiens sont en train de rater l’occasion de prouver qu’ils forment une seule et même nation. La solution inter-haïtienne à la crise reste une utopie. Et malheureusement, le refus de dialoguer, dans un camp comme dans l’autre, finit toujours par donner raison aux ambassades, les seules entités à détenir un réel pouvoir de convocation auprès de la classe politique. Toutes ces journées perdues, ces heures de tension et ces graves affrontements auront été une guerre d’usure, dont on désignera bientôt le vainqueur. Mais, on le sait déjà, les éternels perdants sont les maillons faibles de la chaine. Adieu justice sociale !

Kendi Zidor



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