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Les rapides métamorphoses

Les rapides métamorphoses








S’il reste difficile de trouver la formule exacte pour réussir une journée de paralysie complète et efficace en Haïti, il ne fait aucun doute que les acteurs se livrent à un jeu, plutôt convaincant, d’alternances. Sur les cendres encore fumant de protestations émaillées de scènes surréalistes de violence, la vie peut reprendre avec une vigueur telle qu’elle peut fatiguer. Hier, les rues vides, orphelines de leurs activités ordinaires ; aujourd’hui l’encombrement qui frise la folie. La démence, dans les deux cas.

La semaine dernière, le pays s’était embrasé avec de violentes manifestations qui promettaient, en attendant la fin du monde, la mise à mort définitive d’un système. Tous les leaders de l’opposition avaient appelé, par le biais de slogans les uns plus fleuris que les autres, leurs partisans à descendre dans les rues pour obtenir la démission du président de la République déjà affaibli par son impopularité record. Des barricades ont été érigées partout. Quelques pillages, des foyers d’incendie allumés, des défilés menaçants avec des armes blanches brandies, des déclarations radicales, le silence du pouvoir et plus rien jusqu’à la série de convocations des diplomates étrangers membres du Core Group. Et comme par magie, la brutalité des positions radicales a fait place à un comportement plus responsable et un langage réservé.

Certaines personnes reçues par les membres du Core Group se sont confiés, sans conviction, aux micros des journalistes. Mais, les acteurs de premier plan se sont tus après avoir accepté de rencontrer les diplomates étrangers. Le pays succombe à l’instantané. Les luttes, les fanfaronnades, les casses, les silences, les excès d’arrogance, les refus et les soumissions n’ont pas pu libérer les Haïtiens de la crise.

Hier, la peur de sortir pour éviter les mauvaises rencontres. Aujourd’hui, un bouchon interminable dans les principales artères de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Hier, le président était réputé être en cavale. Aujourd’hui, il s’est payé un bain de foule à l’avenue Panaméricaine en plein cœur de Pétion-Ville. Personne ne sait de quoi demain sera fait.

Nous pouvons retenir que les positions sont exprimées de manière ostentatoire pour s’esquinter quelques heures plus tard. Chaque jour en Haïti apporte ses nouveaux contextes et ses inattendus revirements. La Commission de facilitation de la passation du pouvoir mise en place par l’opposition et installée hier n’a pas encore de plan ordonné de communication médiatique. Le Core Group, qui a rencontré la majorité des parties prenantes à la crise, n’a pas encore communiqué ses impressions ou ses recommandations. Entre-temps, nous avons cassé tous les fils qui nous mènent au Parlement et ses casseroles, au Premier ministre nommé et en attente, à l’insécurité incontrôlée, au rapport Petrocaribe, à la faiblesse de la gourde, à l’accentuation de l’insécurité alimentaire ; et nous sommes loin d’énumérer la gamme complète.

Faut-il être surpris que les acteurs passent à la table de discussions du Core Group pour brandir le refus de dialoguer ? Les changements de décor et de positions sont trop rapides. Vertige garanti !

Jean-Euphèle Milcé



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