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Détresse !

Détresse !








Nous mourrons tous ! Comme Délira lâchant son cri de détresse dans " Gouverneur de la rosée » de Jacques Romain, nous sommes aujourd'hui sur la voie d'un suicide collectif soigneusement orchestré, planifié et mis à l'exécution par nos élites. Ce dernier épisode de la longue série de « pays lock » nous montre à quel point nous sommes dirigés, de la rue au Palais, par des incompétents, des égoïstes et des méchants.

Depuis pratiquement quatre semaines, le pays est plongé dans une crise sans fond. Toutes les activités étant paralysées, la crise qu'on croyait politique a pris de nouvelles dimensions. Elle s'est muée aujourd'hui en crise humanitaire. Les Haïtiens se battent ces derniers jours pour leur survie quotidienne. Et, la République est en manque de tout. Un élément aussi vital que l'eau est devenu un produit rare dans certaines zones. Des centres hospitaliers ont du surseoir aux prestations de soins dans un pays où le système sanitaire marchait déjà à reculons.

Le nombre de victimes de cette crise est incalculable. Si les organisations de défense des droits humains et la police peuvent facilement faire l’inventaire des personnes victimes (mortes et blessées) dans les manifestations de rue, personne n’est en mesure, à présent, de préciser la quantité de femmes enceintes qui sont mortes faute de soins dans les hôpitaux en manque d'intrants. Combien de personnes, ne pouvant être transportées, sont mortes à cause des routes coupées ? Combien d'entreprises sont-elles contraintes de fermer leurs portes ? Combien d'emplois sont perdus ? Combien de rendez-vous et d'opportunités manqués à l'étranger ? Combien et combien encore...

Pourtant les tenants du système ne semblent pas trop s'inquiéter de cette situation de crise généralisée qui risque de nous emporter tous. Après quatre semaines de blocage, aucune proposition concrète de sortie de crise. Au contraire, les positions se durcissent et se polarisent davantage. Du jamais vu ! Les élites haïtiennes, dans toutes ses composantes, semblent également abandonner la barque au même titre que Jovenel Moïse qui feint de ne pas entendre le cri de la population.

Alors que le président de la République est le principal responsable de cette descente aux enfers du pays pour n'avoir pas pu assumer ses responsabilités constitutionnelles, il s'est confiné dans un mutisme insouciant. Depuis son adresse à la nation le 25 septembre 2019, Jovenel Moïse s'est effacé totalement de la scène. Les sorties grotesques de ses conseillers et proches ont montré que la présidence n'a pas saisi la dimension de la crise et le cri de détresse de la population n'a pas été entendu et compris.

Aux grands maux, les grands remèdes, dit-on. Les forces vives du pays doivent enfin prouver leur utilité en sortant des propositions salvatrices pouvant guider les destinées de la nation. Car, à cette phase, les solutions légales et constitutionnelles font gravement défaut.

À ce carrefour, aucun sacrifice ne devrait être trop grand pour épargner le pays de cette mort collective. Le président Jovenel Moise avait les coudées franches durant ses deux premières années pour mener à bon port la barque nationale, mais il n'a rien fait. Il s’est accroché à une illusion de dialogue qui lui sert d'échappatoire à chaque fois qu'il est pris dans le pétrin.

Aujourd’hui l'heure est indue. Et le pays ne peut pas disparaître juste pour sauver un mandat sans contenu. Comme l'avaient souligné les évêques catholiques dans leur note, les lignes doivent bouger, y compris le mandat du président, pour éloigner le pays du spectre d’une guerre aussi fratricide qu’inutile.

Noclès Débréus



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