S'identifier Contact Avis
 
29° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

Dilemmes !

Dilemmes !



Les pronostics sur l’ampleur des malheurs qui marqueraient le quotidien des Haïtiens en 2019 ont jusqu’ici été très inexacts. La situation politique se complique au point que ses dégâts records tendent à rivaliser les séquelles de grands désastres naturels qui ont frappé le pays ces dernières années. Les activités économiques au point mort, le pain et l’eau se raréfient pour des citoyens qui déjà n’avaient presque pas de pouvoir d’achat. Parallèlement, le bilan des violences affole les compteurs. La barque nationale coule sans qu’aucune planche de salut ne soit visible.

Malgré les prophètes vedettes, de plus en plus présents sur les réseaux sociaux ces temps-ci, aucun évangile n’a pu prévenir que les citoyens allaient faire face à autant de dilemmes. Plusieurs semaines sans nourriture, les poumons épuisés par le gaz lacrymogène et l’odeur des pneus enflammés, une bonne partie de la population purge une peine à domicile. Les champs de bataille entre policiers et militants politiques sont partout dans les rues. Ce nouveau lockdown est du jamais vu. Pourtant, après environ quatre semaines aucun dénouement n’est apparemment proche.

Le dilemme n’est pas moindre pour ces bandes qui gagnent les rues pour crier leur ras-le-bol même en courant le risque de recevoir des balles perdues. Pour revendiquer leur droit à une vie décente, de nombreux jeunes décident d’affronter la mort qui les tire par les tripes. « Di djab bonjou l ap manje, pa di l bonjou l ap manje w ». Braver l’hostilité des rues signifie pour cette catégorie qu’elle refuse de mourir de faim et désespoir. Mais hélas, la voie vers le renouveau est parsemée d’embuches aussi redoutables que l’immobilisme de la classe politique et des élites qui l’ont générée.

Si pitoyable que se révèle le leadership de Jovenel Moise avant et pendant la crise actuelle, l’incertitude des jours qui suivraient son éventuelle démission doit alerter sur le piège d’une vengeance politique. Les tentatives pour instrumentaliser les frustrations des masses à des fins politiciennes viennent de partout. L’opposition n’arrive pas à faire du neuf avec ses vieux matériaux non recyclables. Qui pis est, malgré leur compréhension de ce jeu de dupes, les forces saines de la nation restent dans une expectative qui ne profite qu’aux tenants du statu quo.

De récents évènements dans la vie politique haïtienne ont suffisamment démontré que la stratégie de la corde raide n’avantage jamais les protagonistes sur la scène. Par conséquent, il faut un deal ; quoique ce mot semble être absent du vocabulaire de Jovenel Moise. Les faux-semblants en faveur d’un dialogue ont trop duré.

L’opposition a besoin d’humaniser ses méthodes et de montrer qu’elle peut faire partie de la solution. Les femmes enceintes et les nouveau-nés qui trépassent dans les hôpitaux paralysés ne peuvent être de simples victimes collatérales. Ce sont des vies fauchées, des espoirs perdus ! Que la négociation politique soit le premier pas vers la modernité.

Kendi Zidor




Articles connexes


Afficher plus [952]