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Aveu d'impuissance?

Aveu d'impuissance?



La situation chaotique dans laquelle le pays s'est plongé depuis tantôt six semaines semblait s’acheminer vers une phase moins violente, plus propice aux compromis, à défaut d’une trêve assumée. Le chef de l’État ne pouvait pas rêver de moments plus appropriés pour une prise de parole efficace. La conférence du président de la République, au lieu d'apaiser les nerfs, a vivifié la fureur de la rue.

Jovenel Moise, paré de son costume de garant de la bonne marche des institutions au regard de l'article 136 de la Constitution, s'est montré une fois de plus, inconscient du cri du peuple haïtien qui réclame sa démission à tout bout de champ pour justement en finir avec un système dont le président et les élites en sont les symboles.

Au lieu de cerner les grandes motivations de la mobilisation contre le pouvoir, le chef d'État s'est un peu fourvoyé dans des futilités en s'attaquant au « système » qui, pour dire vrai, l'a fécondé et propulsé à la magistrature suprême de l'État. Il va de soi qu'il sert lui-même ce fameux système depuis deux ans et huit mois. On aurait pu croire à la provocation si le président n’avait pas concédé son aveu d’impuissance face aux patrons et aux héritiers du « système ». Et, si le président de la République compte vraiment attirer tous les acteurs à la table du dialogue, il doit prendre de la hauteur en arrêtant de lancer des piques, de pointer mollement du doigt, un secteur qui complote contre la population et leur président, par ricochet. Le chef de l'État doit être au-dessus de la mêlée et est mieux placé que quiconque pour mettre fin, avec le soutien de la loi, à des pratiques maffieuses d’un groupe.

Car, au-delà de toutes les considérations politiques, les revendications du peuple sont légitimes. La misère est réelle. Le pays est bloqué depuis six semaines. Cela fait déjà un mois que les écoles sont fermées et le chef n'est pas mesure de donner aucune garantie sur la reprise des activités scolaires. Un mois depuis que les routes nationales sont coupées. Un mois depuis que les Haïtiens, dans leur grande majorité, peinent à joindre les deux bouts.

Alors que le pays est plongé dans une crise aiguë qui va jusqu’à menacer l'existence même de la nation, le président de la République s'est dédouané de toutes ses responsabilités en accusant le « système » comme étant le principal responsable de tous les maux du peuple haïtien. Le président est-il narcissique au point d’avouer d’être persécuté ? En passant, il a fait peu de cas des nombreuses personnes tuées et blessées par balle lors des manifestations et du sort des centaines de milliers d'enfants qui sont restés chez eux sans pouvoir aller à l'école depuis un mois. À cette phase, il faut se questionner sur la volonté du chef de l'État de défendre au mieux les intérêts du pays. Or, ils sont confisqués, de l’aveu du président, par une clique mafieuse. Il ne fait pas de doute que le président ne vient pas d’agir dans le but de faire régner la paix dans les rues et dans les esprits comme il l’a prôné dans son discours. Pour encore combien de temps le pays restera-t-il bloqué pour préserver un mandat sans contenu?

Aujourd'hui, tous les secteurs vitaux de la nation ont demandé à Jovenel Moïse de tirer les conséquences de ses multiples échecs. Le secteur privé des affaires qui, jusque-là, le supportait, a évolué dans sa position à travers certaines chambres de commerce et le Forum économique qui ont paraphé le document de la société civile pour l’établissement d'un gouvernement de sauvetage national. Maintenant, le président de la République s'en remet totalement à la communauté internationale inconsciente de la misère du peuple haïtien en s'accrochant à un mandat dont seuls les membres du Core Group et le président connaissent les secrets.

Noclès Débréus




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