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Un peu de courage!

Un peu de courage!



Il y a de ces échecs qu’on ne peut maquiller. En politique, comme dans d’autres domaines de la vie, certains manquements laissent très peu de place aux excuses. La diversion n’est pas toujours une stratégie payante. Surtout quand une crise a déjà pris des contours extrêmes.Le président, Jovenel Moise, faisant face à une contestation sans précédent, a opté pour une forme de communication au compte-goutte afin de jongler avec les forces qui veulent sa démission. Dans cette conjoncture explosive, ses prises de paroles espacées de plusieurs semaines ne lui donnent cependant pas de répit. Sans analyser en profondeur le contenu controversé de ses discours, il est facile de constater leur piètre impact. Depuis le premier lockdown, du 6 au 8 juillet 2018, aucune de ses sorties n’a eu l’effet d’apaiser la fureur des rues. Le chef de l’État a, lui-même, ruiné sa popularité. Celle-ci ne tenait d’ailleurs qu’à un bout de fil.

Dans son intervention du 15 octobre 2019, le président a, une nouvelle fois, pointé du doigt ceux qu’il désigne comme des adversaires puissants au sein d’une oligarchie qui aurait soulevé une importante colère contre lui. Rappelons qu’en février dernier, lors d’un lockdown, il disait résister aux gangsters et narcotrafiquants au lieu de se montrer réceptif à ce signal d’alarme.

Aujourd’hui, pour donner du sens à son argument, il évoque des contrats juteux qu’il n’est pas le seul à questionner. Ce faisant, le chef de l’État exprime son mépris face aux nombreuses revendications des jeunes qui gagnent les rues, bravant les balles de la Police, pour réclamer une gouvernance responsable. Non, tous ces citoyens ne sont pas des marionnettes utilisées pour pérenniser un « système ». Mais plutôt, ils en ont marre des mensonges, de la misère et de la corruption.

Après plus de deux ans à tâtonner, Jovenel Moise devrait arrêter son jeu qui consiste à se faire passer pour la victime du système qui l'a conduit au pouvoir. Le pays a attendu patiemment de lui qu’il pose son premier acte d’homme d’État. Mais il a préféré multiplier ses sermons sur un dialogue national imaginaire. Aucune réforme n’a été lancée, pas même celle qu’il prétend avoir initiée.

Le chef de l’État a l’obligation de parler au peuple haïtien. Avec courage et sans langue de bois. Car ce ne sont pas les bénéficiaires des contrats léonins qui avaient la responsabilité de mettre sur pied un gouvernement légitime depuis environ 7 mois. C’est bien à Jovenel Moise qu’il revenait d’opérer les réformes financières, fiscales et administratives qui auraient épargné la nation ce pétrin dans lequel elle se trouve actuellement. Maintenant qu’il a échoué, peu importent les raisons qu’il pourrait évoquer, il doit se décider à cesser les polémiques futiles pour sauver ce qui peut l’être. Souhaitons-lui que tout ne soit pas déjà perdu.

Kendi Zidor




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