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L'éthique de la responsabilité

L'éthique de la responsabilité



La situation lamentable dans laquelle le pays patauge depuis des semaines a atteint un niveau de pourrissement qui devrait interpeller la conscience, la morale, à la limite même la pitié des acteurs en présence. Le peuple n'en peut plus. C'est désormais le moment pour les acteurs d'avaler leurs orgueils, fixer les responsabilités et assumer les conséquences qui pourront en découler.

En effet, la situation devient de plus en plus inquiétante à chaque jour qui passe et un spectre de guerre fratricide menace la nation. Les scènes de violence enregistrées ces temps-ci tant dans la capitale haïtienne qu'au niveau des villes de province sont symptomatiques de l'état de pourrissement de la crise et traduit à quel point l'État est inexistant purement et simplement. Car, l'État dans sa représentation physico-humaine (institutions et responsables) s'est effondré.

A un moment où la stabilité de l'État est en péril aucune institution de l'État n'est à même de le protéger. C'est la déchéance à tous les niveaux. Le Parlement, co-dépositaire de la souveraineté nationale, est dysfonctionnel et détient une part non négligeable dans la débâcle de la nation.

Le pouvoir judiciaire, autrefois dernier rempart, se trouve broyé par les deux autres pouvoirs. Depuis les dernières déclarations du président en 2017 faisant croire qu’il a été contraint de nommer plus d'une cinquantaine de juges "corrompus" en marge de la loi, l'image du judiciaire avait reçu un sacré coup. Aujourd'hui avec le phénomène de lockdown, le pouvoir judiciaire est aussi verrouillé. Les tribunaux sont restés fermés. Les associations de magistrats et de greffiers ont demandé à leurs membres respectifs de rester chez eux. Entre-temps, des justiciables sont en attente de la femme aux yeux bandés.

L'Exécutif est en lambeaux avec un président de la République qui perd le contrôle du territoire et Premier ministre qui agit en marge de la loi et de la Constitution. C'est triste de constater qu'un chef de gang a plus de pouvoir que le chef de l'État lui-même.

En ce sens, ce pouvoir exécutif qui n'existe que de nom n’est plus en mesure de remplir ses missions régaliennes lesquelles consistent en la protection du territoire, la sécurité des gouvernés, la vie et les biens. En conséquence, les écoles ne fonctionnent pas. Le commerce est paralysé. Des entreprises ont fermé leurs portes. Les gangs prolifèrent. La nation à la dérive. Et les morts par balle sont comptés par centaine comme si la République était en pleine guerre.

Les forces en présence, au lieu d'assumer leurs responsabilités pour sortir le pays du chaos, ont préféré s’accuser mutuellement ; comme si la République était prise dans une sorte de guerre rangée entre le pouvoir et l'opposition. Certains malvoyants, dont le chef de l'État lui-même, ont pointé du doigt le peuple revendicatif, qui vit toutes sortes de calamités au quotidien. Le peuple est accusé de travailler pour le compte d'un groupe rival du président de la République.

Le chef de l'État, à qui la destinée de la nation est confiée, est garant de l'ordre public. Ainsi, il est le premier des responsables du bien-être ainsi que le mal-être de son peuple. Si l'opposition est forte, c'est parce que le pouvoir est faible. Le pouvoir est faible parce que les responsabilités qui sont siennes ne sont pas assumées et certaines promesses non tenues.

Actuellement, l'opposition est en train de jouir de la faiblesse du pouvoir. Le rapport de force lui est favorable. Toutefois, il ne faut pas en abuser. Car, l'excès en tout nuit. En ce sens, des échanges avec le pouvoir sur la conjoncture pourraient bien se révéler bénéfiques à cette phase de la crise pour un dénouement heureux.

En politique comme dans tous les domaines, il faut toujours faire appel à l'éthique dans certaines circonstances qui exigent un examen approfondi de conscience. Un président de la République est élu sur la base de ses promesses, de son offre politique, plus convaincante, peut-être, que ses concurrents. En cas d'incapacité de pouvoir répondre à ses propres promesses et assumer pleinement les missions définies par la loi et la Constitution, l'éthique de la responsabilité recommande qu'on fasse le constat d'échec avec les conséquences de droit.

Noclès Débréus




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