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Le cycle du chaos

Le cycle du chaos



Quand vient le temps de constater l’échec d’un président, les discours sur la bonne gouvernance pleuvent. Dans les médias comme dans les cercles de débats informels, simples citoyens et hommes politiques semblent se mettre d’accord sur des valeurs qu’on croyait appartenir à un passé révolu. Si seulement le pays allait pouvoir profiter de cet élan, ce brusque réveil !

L’ironie est que les périodes de troubles politiques apparaissent comme les plus précieuses occasions à saisir pour remettre les choses à leur place. Pourtant, les élections qui constituent la principale forme de consultation populaire sur le devenir de la nation sont réduites, depuis quelque temps, à de vastes opérations de marchandage excluant tout débat constructif. On élit un incompétent pour ensuite le renverser en espérant que du chaos émergera un leadership éclairé. C’est le monde à l’envers !

Les hésitations et l’impréparation qui caractérisent le mouvement contre Jovenel Moise révèlent l’ampleur de la crise haïtienne. L’absence d’avant-garde institutionnelle est plus grave qu’on ne le croyait. En témoignent les coups tordus et les tractations déloyales entre ceux qui mettent en compétition leurs « propositions de sortie de crise ».

Jovenel Moise et ses opposants sont des malades qui présentent les mêmes symptômes. Ils souffrent tous d’une anémie falciforme qu’ils héritent de la classe politique qui les a pondus. Dans un camp comme dans l’autre, ils sont prisonniers de leur fébrilité politique et s’essoufflent à chaque effort de dépassement de soi. D’où leur incapacité à faire des concessions et à faire une offre viable au bénéfice de la nation. Les individualités, la faiblesse des institutions et les intérêts des groupes dominants sont les pièces d’un puzzle qui génère l’instabilité chronique.

La grande contestation qui a débuté en juillet 2018 et qui a atteint son paroxysme en septembre et octobre 2019 n’aurait pas eu lieu si les masses n’avaient pas été poussées à jouer leur dernière carte, celle de la rue. Les institutions appelées à jouer le rôle d’avant-garde, les partis politiques y inclus, ont renoncé à leur vocation originelle. Abandonnant leur rôle d’éclaireur, elles ont laissé les citoyens croupir dans l’ignorance jusqu’à ce que ces derniers soient interpellés par la faim, l’insécurité et le désespoir.

Jovenel Moise refuse de démissionner même s’il se rend compte du désastre qu’il cause depuis son arrivée au pouvoir. L’opposition n’a pas de meilleure offre, mais veut le remplacer à tout prix. Cette confusion et cette incapacité à se rapprocher sont le signe que la classe politique a besoin de sang neuf et de pratiques innovantes. On ne cessera de tourner en rond si chacun persiste à tirer le drap de son côté, car il n’y aura jamais assez d’argent ni de privilèges à distribuer aux groupes en présence. C’est pourquoi la solution à privilégier doit être celle qui puisse garantir le rétablissement de l’État et la poursuite du bonheur pour tous. Il faudra qu’un jour on se rende compte que la gestion de la chose publique ne peut être l’affaire de cliques rivales qui se chassent mutuellement par des stratégies macabres. Haïti mérite mieux.

Kendi Zidor




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