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Le dialogue informel

Le dialogue informel



Les multiples appels au dialogue lancés par le président de la République, Jovenel Moise, ainsi que la communauté internationale, sous la houlette des États-Unis d’Amérique, semblent ne pas encore tomber dans les bonnes oreilles. L’opposition autrefois plurielle, aujourd’hui « unie », a toujours opposé une fin de non-recevoir à l’invitation du président de la République. En dépit de ce refus de croiser les regards autour d’une même table entre opposants et le pouvoir, le dialogue a eu lieu. Peut-être pas dans la forme souhaitée, mais chaque acteur a choisi son médium. L’opposition et la rue ont parlé, le président a réagi.

Après plusieurs semaines de tergiversations politiques, l’opposition s’est renforcée en s’unissant à travers l’Accord de Marriott. Cet accord, aussi imparfait soit-il, inaugure une nouvelle phase dans le combat politique actuel. Se mettre ensemble et parler le même langage dans un contexte aussi difficile avec des intérêts divergents est un bon pas. Avec cette entente, l’opposition parvient à accorder son violon sur le départ sans condition du président de la République. Même avec la réserve formulée par Fanmi lavalas sur le recours à la Cour de cassation pour un éventuel remplacement de Jovenel Moïse, l’Accord de Marriott demeure un gros coup porté au pouvoir en place.

En plus d’être une réponse aux multiples reproches adressés à l’opposition pour n’avoir pas pu constituer une véritable alternative, cette entente politique est un message non négligeable envoyé à l’Exécutif lui signifiant que l’opposition n’entend nullement se contenter de jouer. Et l’Exécutif, en particulier la Présidence, au lieu de minimiser l’accord, comme le fait le secrétaire général du Conseil des ministres et conseiller politique du président et d’autres proches du régime, devrait le recevoir à sa juste valeur. Même si l’accord ne suffit pas, peut-être, à faire capoter le régime, il a tout au moins augmenté la capacité de nuisance de cette opposition déjà agissante et qui n’entend faire aucun cadeau. Au contraire, il peut même valoir à l’opposition une certaine sympathie d’une frange de la communauté internationale vraisemblablement embarrassée par la crise qui, en partie, traduit l’échec cuisant des quinze ans de la présence onusienne en Haïti.

Contrairement aux déductions de plus d’un, l’opposition par cet accord s’est très bien positionnée pour la transition qui se dessine en clair-obscur à l’horizon. Avec cet état de pourrissement de la crise, Jovenel Moïse, s’il parvient à avoir gain de cause des barricades et sauver le reste de son mandat, pourra connaitre, dans l’état actuel des choses, le même sort que son mentor Michel Joseph Martelly qui n’a pas pu organiser les élections de son successeur. Arrivée à ce carrefour, la transition sera imminente et l’opposition pourra en être le grand bénéficiaire avec cette entente politique de transition.

Cette entente politique, il faut l’admettre, à court terme, pourrait également réduire les marges de manœuvre de Jovenel Moïse même dans sa démarche de mettre sur pied le gouvernement d’union nationale qu’il a prôné à tout bout de champ. Car, les partis les plus représentatifs de la scène politique se rangent à l’opposition et ont paraphé l’entente politique de la transition. Dans le cadre d’une éventuelle négociation politique pour aboutir à ce « gouvernement d’union nationale », Jovenel Moïse ne peut plus compter sur les modérés d’hier qui ont rejoint les extrémistes avec la signature de l’Accord de Marriott.

Dans ce processus de dialogue informel conduit par la Passerelle, le parti au pouvoir, PHTK, dit saluer la démarche unitaire de ses partis qui a abouti à l’entente politique de transition. Sans partager cette démarche, le Parti haïtien Tèt Kale, se met du côté du président de la République qui soutient l’idée que le pouvoir se prend par les urnes et appelle les opposants à se conformer aux prescrits constitutionnels ainsi que les mécanismes du renouvellement des personnels politiques qui existent dans tout État de droit.

En effet, le dialogue, même à distance, se tient et se poursuit. Les positions des différentes parties prenantes de la crise sont connues. Les différents secteurs de la vie nationale se sont déjà prononcés sur la crise, soit par voie de presse, soit par la voie du béton à travers des marches organisées. À Marriott, l’opposition a déplacé son pion. Maintenant, c’est au tour de Jovenel Moïse de tenter le coup qui décidera du sort de la nation, surtout de l’avenir des écoliers qui restent cloitrés chez eux depuis trois mois.

Noclès Débréus




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