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Le défi de remettre le pays en marche

Le défi de remettre le pays en marche



Il n’y a pas longtemps, des citoyens exprimaient leurs déceptions à propos de la marche vers le développement d’Haïti avec une certaine assurance que quelque chose changerait. La route n’était pas claire, mais on savait qu’on pouvait atteindre une zone d’apaisement. Leaders politiques, tant au sein du gouvernement que dans l’opposition, se montraient concernés par des questions de fond comme le déficit budgétaire, l’insécurité, l’avenir de l’école haïtienne, les risques environnementaux, etc. Tout à coup, ces questions ont disparu des débats, cédant leur place aux interminables adjudications au sujet du fauteuil présidentiel. Comme si les défis pouvaient attendre !

Faut-il admettre que le président Jovenel Moïse a tenté de relancer les réflexions sur la santé économique du pays en remettant le 11 novembre 2019 des chèques de prêts à des entrepreneurs au Palais national dans le cadre du « PAPEJ » ? Le gouvernement avait auparavant annoncé une « hausse » du salaire minimum. Parler d’investissements en pleine instabilité est pareil à attendre de bonnes récoltes après la sécheresse. Bien qu’elles apparaissent comme une stratégie de diversion et une tentative de rapprochement avec des populations en colère, ces initiatives semblent rappeler que la vie d’un pays ne doit à aucun moment se résumer aux manifestations partisanes et les répressions sanglantes. En effet, beaucoup trop de préoccupations nationales ont été abandonnées ces derniers temps au profit des attaques et contre-attaques pour conquérir ou sauvegarder le pouvoir.

L’escalade de la pauvreté n’a fait que s’accélérer pendant les protestations violentes qui ont marqué les mois de septembre et d’octobre. La situation s’est aggravée à cause de l’inaction des autorités, la paralysie des activités et les pertes enregistrées dans tous les compartiments de l’économie. Au-delà de tous ces dégâts qui n’ont même pas été évalués, l’État a cessé d’exister ; pas de budget. Le Parlement est pratiquement caduc. Le président se perd dans les conflits partisans. Bref, aucune planification stratégique n’est à l’ordre du jour. À quoi servent des hommes politiques qui ne pensent pas (au) développement ?

L’urgence est de taille dans tous les domaines. L’inflation bat des records principalement à cause du désordre budgétaire et une gestion financière désastreuse. Les maux qui secouent les secteurs de l’éducation, de l’environnement et de la justice ne peuvent attendre que le président soit sûr d’avoir accompli ses revanches contre ses adversaires. Mettre en œuvre des politiques efficaces serait le meilleur moyen pour le chef de l’État de montrer qu’il mérite le poste auquel il s’attache si fermement.

L’exercice le plus éprouvant aujourd’hui consisterait à récapituler les actions durables posées par les autorités pendant environ deux ans. Quand va-t-on enfin recommencer à se pencher pour de vrai sur la croissance économique, la rentabilité financière, la gouvernance monétaire et la politique fiscale ? La nation a soif de paix et de développement. Pour mériter sa place, le président doit pouvoir trouver un mode opératoire pour mettre en place un gouvernement légitime qui puisse aborder les urgences dans l’éducation, la justice, la santé et l’environnement. Sinon, face à son suicide politique, on n’y pourra rien.

Kendi Zidor




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