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L’échec prévisible

L’échec prévisible



Les freins au développement d’Haïti ont été pratiquement les mêmes pendant les trente dernières années. D’un chef d’État à un autre, l’incapacité de prendre en compte les indicateurs de développement et d’agir en conséquence est restée inchangée. Se réfugiant dans des slogans populistes et une certaine théorie du complot, ces leaders ont sorti, à chaque fois qu’ils sont interpellés sur leur bilan, des excuses pour camoufler leur incompétence.

En s’attaquant aux « contrats léonins » entre l’État haïtien et des compagnies privées dans le domaine de la production énergétique, Jovenel Moise tente de faire croire qu’il n’a pas perdu de vue deux de ses plus grandes priorités, le courant électrique et la lutte contre la corruption. Après sa ridicule promesse d’électrifier tout le pays en deux ans et les accusations dont il fait l’objet dans le cadre du dossier Petrocaribe, il désigne, à tort ou à raison, ceux qui doivent partager sa note salée. Même dans le cas où ce n’était pas que de la diversion, le chef de l’État, avec tout le bénéfice du doute qu’on pourrait lui accorder, montre qu’il ne maitrise pas les fondamentaux de la machinerie du développement.

Si l’on revient à sa déclaration où en 2017 Jovenel Moise a, sur un coup de tête, promis l’électricité 24/24 en vingt-quatre mois, on se souviendra qu’il n’a évoqué aucun indicateur économique à atteindre. Ce qui revient à dire que le président n’a pas parlé sur la base d’un plan de développement. Dans sa mégalomanie, il rêvait qu’un jour on puisse associer son nom à une grande réalisation sans pouvoir décider de ce qui pouvait être durable et bénéfique à tous. À quelle fin ? Dans le cadre de quelle projection ? Ce sont ces questions auxquelles il n’a jamais essayé de répondre.

Le pays en a assez des promesses irréalistes qui font gaspiller du temps et des ressources. Comme on l’a vu avec les écoles publiques construites sous Jean Bertrand Aristide et les tronçons de route de René Préval, l’électricité 24 sur 24 en Haïti ne suffirait pas à faire bouger les lignes de la pauvreté. Car en l’absence d’un plan stratégique de développement qui fasse interagir les politiques sectorielles, les réalisations les plus ingénieuses n’amèneront pas de développement durable. D’ailleurs, l’énergie est définie en physique comme la capacité d'un système à produire un travail. Ainsi, avec la majorité des citoyens au chômage, l’inflation qui bat des records, l’entrepreneuriat moribond et l’insécurité galopante, le courant électrique n’aura pas forcément d’effet multiplicateur dans l’économie.

Le développement est un processus ordonné. Il ne consiste pas à répliquer aveuglément ce qu’on voit à l’étranger. C’est tout simplement une absurdité de se mettre à rêver qu’Haïti soit un pays émergent en 2030 ou que Port-au-Prince devienne le Dubaï des Amériques si on ne met pas en œuvre des politiques publiques qui puissent redresser progressivement la situation à tous les points de vue. L’expérience de la plantation de banane n’a pas suffi à faire de l’actuel président un leader visionnaire, encore moins un expert en développement. Voilà pourquoi, lui et son égo, sont en en train d’échouer. Que la postérité en apprenne quelque chose !

Kendi Zidor




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