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« Il est minuit dans l’heure sociale » !

« Il est minuit dans l’heure sociale » !



L’agence d’informations en ligne Loop Haïti, sous la plume de son rédacteur Rosny Ladouceur, a fait état d’une récente étude classant la « nationalité » haïtienne parmi les moins « cotées ». Quel que soit ce que l’on peut penser de ce genre d’études, elles sont symptomatiques de la perception générale du citoyen haïtien dans le monde. Le fait que nous soyons devenus les parias de la mondialisation est une vérité de La Palice. Ce malgré une diaspora souvent brillante et laborieuse.

Les Haïtiens sont vus comme des « envahisseurs » qui viennent manger le pain des autres peuples, prendre leur travail et altérer par leur comportement leur mode de vie. On pourra dire que cette antienne est valable pour tous les migrants, certes, mais le drame haïtien est devenu le porte-étendard de la misère du monde.

Ils sont rapatriés tous les jours depuis la République dominicaine, pourchassés dans certains pays d’Amérique latine après un temps de grâce, mais le flot continu de réfugiés finit par exaspérer même les communautés les plus accueillantes. Dans les aéroports du monde entier, nous sommes particulièrement scrutés. Tout Haïtien, peu importe sa situation ou son niveau d’études, est considéré comme un éventuel « fugitif » de son pays.

Une perception qui va en s’accroissant avec les différents rapports sur les indices de corruption ou sur les difficultés structurelles de faire des affaires en Haïti.

Nous avons donc très mal dans notre nationalité. Et il devient urgent qu’on arrête de faire l’autruche en prenant enfin la résolution de construire notre pays. Il ne peut s’agir que d’une rare pathologie sociale qui nous empêche de nous rendre compte du glissement de la nation. Tous les indicateurs socio-économiques sont au rouge, l’inflation a franchi la barre psychologique des 20 %, des milliers d’emplois viennent d’être détruits, le pays est encore une fois mis sur la liste noire des destinations infréquentables. Et tout semble aller bien Madame de la marquise.

Quand allons-nous faire cas des souffrances de tout un peuple ? Des exclus d’une « République exterminatrice » ? De ces centaines de milliers de compatriotes condamnés à un exil forcé. Quand allons-nous rallumer les flammes de l’espérance pour tous ceux qui rêvent d’un pays normal, loin des luttes sanglantes pour le pouvoir, mais pour une révolution pacifique dans le cadre d’une entente cordiale, au-delà même de nos différences idéologiques ou politiques, pour changer les paradigmes de politiques néfastes et séculaires.

Aujourd’hui, le mot dialogue est devenu suspect. La méfiance, les mille et une discordes sont la résultante de trop longues années ou les intérêts de clan l’ont emporté sur le sens du bien commun.

Notre conception du pouvoir doit être revue, notre manière de concevoir l’administration publique repensée. Des écoles supérieures d’administration peuvent aider à constituer un corps de fonctionnaires compétents et disciplinés, avec un sens élevé du devoir. Toute chose qui implique cependant, la refonte du système judiciaire, de nouveaux magistrats intègres soucieux de l’application stricte des lois, le fonctionnement effectif des organismes chargés de lutter contre l’impunité.

La nécessité d’un nouveau contrat social, voilà aussi une expression galvaudée par les politiciens et les affairistes de tous bords, mais qui garde tout son sens dans la crise aigüe que nous vivons actuellement, et qui devient comme dirait le philosophe Kant, un impératif catégorique.

La crise actuelle exige de nous que nous abaissons les barrières de nos incompréhensions. Que nous abordions dans une discussion franche, des problématiques essentielles du vivre ensemble, pas seulement entre politiciens, mais entre des secteurs qui sont depuis des lustres à couteaux tirés.

Pour le moment, ce coin de terre est devenu un point incandescent du monde ou la vie devient impossible comme sur une planète morte. Les Haïtiens ont la capacité et l’ultime obligation de changer la donne. Car le peuple ne peut aller plus loin dans l’horreur de l’insécurité et de la précarité.

Rien de tout cela n’est impossible à un peuple au passé glorieux qui, a seulement besoin de sa créativité et d’un sens du compromis, pour faire flamboyer l’avenir.

Roody Edmé




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