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Le dialogue et son contenu

Le dialogue et son contenu



La crise qui secoue actuellement le pays a le grand mérite d’avoir éveillé cette conscience collective sur la nécessité de construire une société juste et solidaire. Le fossé creusé, depuis plus de deux cents ans, entre les différentes couches sociales a déjà causé trop de mal au pays pour être reconsidéré comme pratique interclasse. Aujourd’hui le pays se trouve à la limite d’un éclatement social aux conséquences incalculables. Pour le contenir, il faut urgemment reconsidérer les rapports sociaux en pensant à la redistribution de richesses avec un minimum d’équité.

En effet, cette société qui porte toutes ses tares postcoloniales a fait son temps. Ne pouvant plus se tenir, il faut donc un nouveau contrat social pour un nouveau démarrage. La lutte pour le changement de système, au-delà de toutes démagogies, ne doit pas être négligée par les élites qui tiennent les rênes du pays. Car, elle est l’expression d’une société à bout de souffle qui réclame du sang neuf.

Personne n’aurait pensé que le flambeau de la mobilisation allait pouvoir se tenir aussi longtemps. Derrière les barricades, à côté des considérations d’ordre politique, il faut voir une certaine conviction pour un changement réel. Et c’est pourquoi les autorités et les élites doivent se méfier de ce calme apparent pour ne pas penser que les problèmes sont résolus par un tour de magie.

Il ne faut ne pas non plus faire preuve de naïveté en pensant pouvoir résoudre des problèmes bi-séculaires en l’espace d’un cillement. Soit par un président tout puissant, soit par un président fantôme, et encore moins des opposants politiques qui observent la réalité à partir du banc.

Arrivés à cette phase avec une société qui n’est plus tenable, les responsables, les élites et les structures organisées doivent se parler pour trouver la meilleure voie à prendre pour le bien-être collectif. À ce niveau, l’idée du dialogue prend tout son sens.

Un peu galvaudé aujourd’hui par les politiques, le dialogue national/la conférence nationale demeure une nécessité pour poser les bases refondatrices de la nouvelle société réclamée. Ce dialogue, loin d’être une négociation pour le partage de pouvoir, comme c’est le cas dans la perspective de Jovenel Moïse, devrait se tabler sur un contenu qui prendrait en compte les desiderata du peuple haïtien ainsi que les nouvelles exigences du monde actuel.

Les grands dossiers relatifs à l’économie, l’éducation, la santé, la justice, le régime politique et autres devraient constituer des éléments de cadrage dans le cadre d’un vrai dialogue/conférence nationale avant d’être scellés par la nouvelle Constitution qui fixera les nouvelles orientations de la nation.

De nos jours, le système éducatif haïtien, déjà scélérat, est la principale victime de la crise. Cette fermeture forcée des classes est un gros coup porté à ce système éducatif qui éprouvait beaucoup de peine même pour se faire accepter par l’international. Aujourd’hui, le diplôme délivré en Haïti ne vaut pas grand-chose en dehors de nos frontières.

D’autres questions d’intérêt national se doivent aussi d’être adressées. La gestion du territoire, la remobilisation de l’armée, le rapport police/armée, l’éradication des gangs armés sont autant de dossiers qui méritent d’être sereinement abordés dans un dialogue national.

Le président de la République, Jovenel Moïse, depuis son avènement à la première magistrature de l’État, a beau parler du dialogue. Pas de moins de quatre commissions et/ou émissaires ont été chargés d’entreprendre les démarches devant aboutir à ce dialogue si cher à lui. Mais, tout s’est soldé par l’échec. Ces échecs répétés ont remis en cause la volonté réelle du président à entreprendre un dialogue franc.

Car, le vrai dialogue ne peut, en aucun cas, être une rencontre entre des protagonistes pour le partage de pouvoir. Comme le laissent entrevoir le président et la communauté internationale qui réclament un dialogue, dont la finalité serait la mise en place d’un gouvernement d’union nationale.

Et le président de la République, en perte de légitimité ; lui et ses proches trop souvent éclaboussés par des scandales de corruption et de crimes de sang, ne détient plus l’autorité de pouvoir conduire un tel dialogue à caractère refondateur.

Momentum raté. Le dialogue doit être entrepris dans un climat serein sans grande méfiance ni coup féru. Car, ce dialogue inter haïtien aurait dû avoir lieu au lendemain même de l’indépendance en vue de se mettre d’accord sur un projet commun de société.

Malheureusement ce ne fut pas le cas. Les ancêtres ont pu créer l’État d’Haïti en 1804, on n’arrive pas jusqu’à présent à fonder une nation unie, souveraine, prospère et solidaire.

Tâchons-nous donc de le faire au-delà de nos divergences et intérêts personnels.

Noclès Débréus




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