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L’urgence d’affiner les mœurs politiques

L’urgence d’affiner les mœurs politiques



Les préoccupations sur l’avenir d’Haïti se sont ravivées suite aux récents épisodes de protestations, de répressions et de violences. Celles-ci, tant dans leur contenu que leur mode d’expression, dénotent un problème de leadership qui serait parmi les causes de tant de colères et de frustrations. Le pays est asphyxié par des politiciens malappris qui peinent à frayer un chemin à la bonne gouvernance et la modernité. Mais la conscience collective semble parler un seul langage face à cette classe politique en manque de finesse et d’adresse.

Les bénéfices – en termes de capital symbolique - de la grande mobilisation qui a failli emporter le président Jovenel Moise en septembre et octobre 2019 n’ont pu être récoltés par aucun des groupes qui partagent l’arène politique. C’est la grande ironie des évènements qui ont secoué et ensanglanté le pays pendant plusieurs semaines. Le chef de l’État, quoiqu’il reste à son poste, en sort fragilisé. En revanche, l’opposition n’obtient qu’une très faible reconnaissance. Cela traduit un malaise, voire une dysfonction de la classe politique qui, théoriquement, doit pouvoir donner espoir et confiance.

La réalité est que des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues et ont adhéré à une paralysie des activités économiques pour exprimer leur ras-le-bol face à une administration peu crédible et inefficace. Pourtant, de ce grand soulèvement que l’opposition ne peut vraiment revendiquer, aucun nouveau leader n’a émergé. Le dilemme est entier pour les citoyens qui n’en peuvent plus d’entendre les fausses promesses du président, mais qui, en même temps, boudent les opposants sans vision.

L’instrumentalisation malhonnête de l’idée d’un dialogue interhaïtien et l’échec des tentatives en vue de réaliser un vrai « chita pale » montrent que les pratiques politiques ont besoin d’être dégrossies. Les uns ont versé de l’huile sur la chaussée, les autres ont riposté par des massacres. L’absence de projets consistants et de contenu idéologique, d’un côté comme de l’autre, fait prévaloir une interminable guerre de succession qui se sert des aspirations populaires comme toile de fond. Avec un tel tableau, l’avenir est tissé d’incertitudes.

Les ratés que connait la lutte pour la stabilité et le développement ces trente dernières indiquent un combat ardu à mener en faveur du renforcement institutionnel. La réforme de la classe politique est parmi les axes stratégiques à aborder dans cette démarche. Car les habitus des acteurs sont le résultat d’une socialisation politique irrégulière qui fait peu de cas du bien commun et des idéologies progressistes.

Pour dégrossir les mœurs et les traditions et regagner la confiance des citoyens, les partis politiques doivent devenir des creusets idéologiques où s’inculquent les valeurs de tolérance, de fair-play et de bonne gouvernance. Les affrontements devraient porter sur des offres viables. Le contenu de revendications contre Jovenel Moise, qui durent déjà plus d’un an, laisse comprendre que des idées nouvelles sont sur le point d’éclore. Toutefois, le leadership est encore naissant. Pour provoquer le déclic, on n’a pas besoin d’une conférence nationale ni de « chita tande » démagogiques. Il suffit que les consciences assez éduquées en ce sens se concertent pour prendre les devants.

Kendi Zidor




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