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Plus près de toi, mon Dieu !

Plus près de toi, mon Dieu !



En marge du chaos, qu’il se pare de la forme de pays lock ou de gestion du désastre, il est indéniable que des opportunités surgissent.

Comme si l’horreur est un terreau fertile pour faire pousser les idées neuves. Le drame est que certaines sont loufoques et d’autres délicieusement criminelles. Les crises corsées, en Haïti, gardent encore ce pouvoir d’ouvrir la voie à l’absurde. Naturellement, celui qui arrive à les contourner ou à les traverser à la nage s’octroie le titre de héros par la force de son intelligence supérieure à celle des autres, idiots et fainéants par défaut de fabrique.


Ce sont, en réalité, des héros effrayants qui, à la longue, suscitent de l’aversion en tenant compte du résultat de leurs entreprises opportunistes. L’embargo commercial contre Haïti, recommandé en décembre 1994 par les « quatre pays amis » d’Haïti, soit les États-Unis, le Canada, la France et le Venezuela, pour obliger les militaires putschistes haïtiens à respecter les dispositions de l’accord de Governors Island, a transformé, de manière durable, le système de mobilités en Haïti.

Pour contourner l’embargo et la pénurie de carburant y relative, les opérateurs ont mis en place un système qui perdure et dont on ne comprend pas, encore aujourd’hui, les règles et la logique de service qui le font fonctionner. C’est à cette époque qu’on a assisté à l’introduction des « boites roulantes » dans le trafic urbain. Aussi, les actions et interactions individuelles dans le système ont enlevé à l’État le droit d’inspecter les véhicules, de déterminer les circuits et de faire respecter les tarifs fixés.

Bien entendu, le désordre a permis à la population de se déplacer, ce qui a atténué l’effet de blocage créé par l’embargo. Les militaires, au pouvoir, ont dû miser gros sur l’anormalité pour donner l’impression de faire de la résistance et de permettre aux citoyens méritants et honnêtes de vaquer à leurs occupations. Selon la formule d’usage.

Les militaires ont quitté le pouvoir moins d’une année plus tard, l’embargo a été illico levé, mais le système de contournement est resté un cauchemar amplifié par l’introduction sauvage des deux roues dans l’offre de mobilité de la population.

Il y a quelques semaines, en guise de contournement ou d’évitement des routes bloquées dans le cadre des derniers mouvements de protestation et aussi pour éviter de mauvaises rencontres avec les puissants gangs qui opèrent dans la Vallée de l’Artibonite, un entrepreneur a inauguré une connexion aérienne entre Port-au-Prince et Gonaïves. Au non du progrès et de la libre circulation pour certains, l’initiative a été bien accueillie par plus d’un. Sauf que le maire de la ville des Gonaïves a exigé des garanties d’une exploitation de la ligne dans des conditions sûres et efficaces. Il n’aura fallu que cette intrusion de l’État, via un élu dépositaire du pouvoir local, pour créer une polémique avec de larges expositions politiques. L’avionneur est un pasteur et l’empêcheur de tourner en rond est le maire de la ville. Au-delà des suspicions de complot, il serait bon de savoir si à cent dix dollars américains, on ne risque pas d’entrer dans la maison du père, avec la bénédiction du pasteur.

Il faut un jour admettre qu’il est nécessaire de réguler le transport en Haïti.

Jean-Euphèle Milcé




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