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En Trump L’œil ?

En Trump L’œil ?



Le monde entier a les yeux rivés sur le spectacle politique qui se déroule sur les bords du Potomac à Washington. Depuis la présidence de Richard Nixon, c’est bien la première fois que le Congrès des États-Unis s’aventure aussi loin dans la procédure de destitution d’un président.

Le chef de l’exécutif américain connu pour sa gestion atypique et sans complexe du pouvoir a cette fois très sérieusement écorné les traditions institutionnelles américaines. Le numéro un de la Maison-Blanche est soupçonné d’avoir fait du chantage avec l’aide militaire américaine promise à l’Ukraine. Une assistance militaire d’un montant équivalant à 391 millions de dollars, en échange d’informations confidentielles sur les tractations éventuellement douteuses du fils de son rival démocrate Joe Biden. Hunter Biden aurait bénéficié de la position de son père dans l’administration Obama pour s’adonner à des trafics d’influence en Ukraine.

Des informations sensibles qui, si elles se révélaient justes, mettraient K.O. celui que l’on considère comme le principal rival de Donald Trump, en dépit de sa chute récente dans les sondages.

Une véritable diplomatie parallèle a été mise en place pour faire pression sur le président ukrainien Zelensky en vue de l’obtention d’informations qui pourraient servir d’arme fatale contre Joe Biden. La tactique consistant à bombarder son adversaire de boules puantes a bien marché contre Hillary Clinton. Apparemment aidée par les services secrets russes, la propagande anti-Clinton mise au point par le président Trump et ses alliés avait atteint de tels sommets de dénigrement qu’elle n’a laissé aucune chance à la candidate démocrate, présentée comme « la mère nourricière des magouilles washingtoniennes ».

Entouré d’une équipe de stratèges rompus aux tactiques de déstabilisation, le président a semblé vouloir mettre au point un véritable arsenal anti-Biden. Jusqu’ici, les auditions devant les commissions du Congrès ont fourni la preuve que le président était plus intéressé à son dispositif préélectoral qu’à l’influence américaine dans ce pays de l’ancien bloc soviétique.

William Taylor, ex-ambassadeur américain en Ukraine a affirmé sous serment que M. Trump conditionnait toutes les relations économiques et militaires entre les deux pays à l’enquête sur Hunter Biden. L’avocat personnel du Président, Rudi Guiliani, aurait joué un rôle quasi officiel dans cette diplomatie de la carotte et du bâton, généralement réservée en ces circonstances aux diplomates du Département d’État américain.

La déposition de Gordon Sondland, ambassadeur auprès de l’Union européenne a fait couler beaucoup d’encre et de salive dans la plupart des médias de la côte est. Selon ce diplomate, tout l’appareil diplomatique américain était mis au service des projets du président : « Tout le monde était dans la boucle », a-t-il révélé. Une manière de dire que les pressions sur l’Ukraine contaminaient l’ensemble des relations avec les États-Unis, pour reprendre les propos d’un autre autre diplomate américain, M. Georges Kent.

Toutefois, les observateurs de ce méga spectacle télévisé sont un tantinet sceptiques sur l’aboutissement du processus. Certains craignent que le président n’apparaisse comme une « victime » de persécutions politiques orchestrées par les démocrates. Donald Trump lui-même n’a de cessa d’affirmer qu’il n’y a eu aucun deal entre lui et le président ukrainien. Toute cette affaire aurait été montée en épingle comme pour faire obstacle à son rêve du retour de la grande Amérique.

Nancy Pelosy, la cheffe du Parti démocrate, avait nourri quelques inquiétudes quant à une procédure de destitution ayant peu de chances d’aboutir au Sénat dominé par les républicains. Toute chose qui risquerait finalement de renforcer ce redoutable polémiste et dealer politique éprouvé qu’est Donald Trump.

Quoi qu’il en soit, les débats se poursuivent à Washington et certains supporteurs du Parti démocrate craignent que cette procédure de destitution ne soit que l’arbre qui cache la forêt des maladresses et autres incongruités d’un président qui pèse lourd sur les épaules de l’Amérique et du monde.

Roody Edmé




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