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Quel rempart contre l’arbitraire ?

Quel rempart contre l’arbitraire ?



Quand sera venu le moment d’énumérer les torts causés à la nation par l’administration de Jovenel Moise, il ne faudra pas oublier les conséquences de sa guerre contre l’appareil judiciaire. À côté du désastre économique et de la stagnation des indicateurs de développement humain, les injustices et violations de toutes sortes dominent le tableau qui aura constitué le bilan de l’actuel chef d’État. Jour après jour, le schéma de son autoritarisme se dessine avec précision.

Le sang abonde dans les quartiers pauvres. Les massacres se suivent à La Saline, à Carrefour-Feuilles et au Bel-Air. Les journalistes sont traqués dans l’exercice de leur profession. Les gangs assiègent plusieurs villes du pays et défient la police. Ces atrocités qui s’ajoutent aux scandales de corruption ne manquent pas d’empoisonner le quotidien et l’avenir des citoyens. Malgré tout, la justice reste muette. Faut-il évoquer une raison d’État ?

En effet, sa prise de fonction sur fond de démêlées avec la justice a vraisemblablement dressé Jovenel Moise contre les institutions appelées à juger de sa moralité. Un de ses premiers actes consista à publier un arrêté révoquant, au milieu de son mandat, le directeur de l’Unité centrale de renseignement financier (UCREF) d’alors, Sonel Jean François. Une dette que le nouveau président a payée à son égo suite au rapport ayant conduit à son inculpation dans l’affaire de blanchiment d’argent. Juché sur son trône d’où il regarde de haut les institutions, il s’est ouvertement engagé à faire échouer les suivis judiciaires des enquêtes sur la dilapidation du fonds Petrocaribe. Cohérent avec lui-même et fidèle envers ses alliés à qui il doit son élection, il ne perd pas de vue cette promesse.

Le téléguidage de la justice depuis le Palais national n’a jamais été aussi évident que ces derniers jours. Les cours et tribunaux se sont subitement réveillés pour émettre des mandats d’amener contre des entrepreneurs proches de l’opposition et rendre les ordonnances subséquentes. La même institution policière qui a fermé les yeux sur les massacres en série et les viols collectifs est aujourd’hui sur pied de guerre pour mater toute velléité insurrectionnelle. Tout va très vite. Il a suffi que le président sente ses intérêts personnels menacés.

Les institutions n’ont pas bougé d’un pouce pendant plus de deux ans et demi dans le combat vers l’établissement de l’État de droit. La corruption, identifiée comme le plus grand mal à juguler par le chef de l’État, a pris des proportions inattendues depuis l’éclatement des scandales qui éclaboussent des membres de sa famille politique. Pas un mot sur l’affaire Dermalog où la Première dame figure parmi les personnes accusées de malversations. Le poisson pourrit par la tête.

Les événements auxquels le pays fait face ces derniers temps ont suffisamment montré que les institutions sont réduites à obéir aux caprices d’un homme. Face à une société civile, somnolente, qui ne réagit que par sursauts, Jovenel Moise fait semblant d’ignorer les combats déjà menés contre l’autoritarisme en Haïti. De toute façon, l’illusion de sa bulle ne peut plus durer longtemps.

Kendi Zidor




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