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Le triomphe de la bêtise ordinaire

Le triomphe de la bêtise ordinaire



Les actes ordinaires et récurrents dans la vie d’une communauté auraient dû être un ensemble de règles faciles et compréhensibles pour et par tous comme dans une grammaire pour les nuls.

Derrière les turbulences et les grands enjeux de la conjoncture, les incongruités et les approximations dans la gestion quotidienne des collectivités sont en constante augmentation au point de devenir des pratiques dangereuses à force d’exister que par leur quota assumé d’irresponsabilité.

En Haïti, nous avons noirci trop de pages, pris la parole dans tous les espaces disponibles pour essayer de repousser ce malheur collectif qui est la mauvaise gestion des déchets domestiques. Pour faire plus court et plus pressé, il serait de bon ton de faire également l’économie de l’analyse in fine des missions confiées par la loi au Service national de gestion des résidus solides et aux collectivités territoriales. Puisque les citoyens ne comprennent ni les arrêtés ni les polémiques entre entités locales et nationales.

Ils retiennent la somme de petits non-sens aussi stupides que savoureux. Cette semaine, des habitants du Cap-Haïtien ne savent pas s’ils doivent rire ou pleurer à chaque fois qu’ils assistent au ballet de motocyclettes à remorques bagagères de la Mairie qui vont déverser les détritus, préalablement collectés, sur le grand boulevard du Cap, à quelques mètres de la centrale de production électrique.

La palme d’or revient à la manœuvre du chauffeur du camion compressif de la Mairie de Kenscoff, dont les clés ont été remises en août 2018 aux autorités par le président de la République. Le véhicule a basculé dans le vide parce que les agents de la Mairie ont décidé de décharger son contenu dans une falaise logeant la route principale, non loin du marché public et dans le voisinage d’un nombre impressionnant de logements résidentiels.

Il reste évident, même quand on ne comprend pas, que les citoyens ont commencé à utiliser ces lieux comme décharge publique avant les mairies. Parce que c’est pratique. Parce que les gens n’ont pas les moyens de trouver une autre solution. Parce que l’eau de ruissellement, quand il pleut, poussera les déchets un peu plus loin. Parce qu’il faut plus que des matières polluantes pour tuer les Haïtiens.

Il ne fait aucun doute que les défis posés par la gestion des déchets sont nombreux et énormes. Les décharges sauvages, qu’elles soient localisées au Cap-Haïtien ou à Kenscoff, polluent sans se tenir compte des limites communales et même des frontières internationales. Au-delà du spectacle hideux, c’est à la fois un problème immédiat de santé publique et une menace lourde sur l’environnement parce que les déchets sont composés d’éléments qui contaminent durablement les sols, les points d’eau et l’air.

Comble de l’ironie, le cahier de charge du Service national de gestion des résidus solides permet d’accoucher d’une politique publique efficace dans la gestion intégrale des déchets. Les interdictions en cascade sur l’utilisation du styrofoam ne sont pas à dédaigner. Il est tout simplement urgent d’agir.

En commençant par donner plus de contenus et plus de constance à l’éducation des citoyens et des agents affectés au service public. Au lieu de chercher à déterminer les culpabilités individuelles (entre structures locales, nationales et les citoyens), nous pouvons déjà obliger la multitude d’acteurs de nos communautés à devenir plus responsables et plus engagés.

Jean-Euphèle Milcé




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